Faute d’une entente, les 3200 chefs et agents de train ainsi que les agents de triage, affectés au transport de marchandises et sans contrat de travail depuis le 23 juillet, pourraient déclencher une grève mardi, à 0 h 01.

La grève potentielle au CN ne touchera pas les trains de banlieue

MONTRÉAL — La grève qui pourrait être déclenchée mardi par quelque 3200 chefs et agents de train ainsi que les agents de triage de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) ne devrait pas donner de maux de tête aux usagers du transport en commun.

Même si la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada représente des membres aux commandes de trains de banlieue, comme Exo, ceux-ci ne sont pas à l’emploi de la société ferroviaire et ne feront pas de moyens de pression.

«Notre problème n’est pas avec le peuple en général, mais avec le CN», a expliqué le directeur des affaires publiques du syndicat, Christopher Monette, lundi, au cours d’un entretien téléphonique.

En ce qui a trait aux trains de banlieue, les membres représentés par les Teamsters sont principalement à l’emploi de Bombardier et se trouvent aux commandes des trains de banlieue des réseaux d’Exo dans la grande région de Montréal, Go Transit à Toronto ainsi que du West Coast Express à Vancouver.

Par courriel, une porte-parole d’Exo, Catherine Maurice, a indiqué que l’organisme n’anticipait «pas d’impact de cette grève éventuelle», mais que «nous suivons la situation de près».

Faute d’une entente, les 3200 chefs et agents de train ainsi que les agents de triage, affectés au transport de marchandises et sans contrat de travail depuis le 23 juillet, pourraient déclencher une grève mardi, à 0 h 01.

«Nous avons identifié des enjeux liés à la sécurité au travail et à la santé de nos membres et malheureusement l’entreprise ne semble pas vouloir bouger, a indiqué M. Monette. Cela fait en sorte que les négociations sont très difficiles en ce moment. Cela n’avance pas vite.»

De son côté, le CN n’a pas voulu commenter l’état des discussions.

Entre-temps, la ministre fédérale de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, Patty Hajdu, ainsi que son collègue aux Transports, Marc Garneau, se trouvaient à Montréal pour rencontrer les représentants des Teamsters et de la compagnie ferroviaire.

«Nous espérons que les deux parties puissent parvenir à une entente», a expliqué Véronique Simard, l’attachée de presse de Mme Hajdu.

Interrogée, celle-ci n’a pas été en mesure d’offrir plus de détails sur le format des rencontres et des moyens qui pourraient être déployés par le gouvernement Trudeau en cas de grève.

La grève pourrait survenir alors que le CN a annoncé, vendredi, son intention de procéder à quelque 1600 mises à pied, soit près de six pour cent de sa main-d’oeuvre, en raison de l’affaiblissement de l’économie nord-américaine qui freine la demande.

Le couperet tombera au Canada ainsi qu’aux États-Unis et affectera à la fois du personnel syndiqué ainsi que des cadres. Il n’a toutefois pas été possible de déterminer sur quel horizon s’effectueront les mises à pied. L’ampleur de la restructuration pourrait fluctuer si la demande pour les services ferroviaires devait se détériorer davantage.

M. Monette a indiqué que les Teamsters n’avaient pas beaucoup de détails dans ce dossier, mais que ses 3200 membres s’étaient dotés d’un mandat de grève en septembre dernier.