Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
C’est dans un contexte bien particulier cette année que les consommateurs ont pris part au traditionnel <em>Boxing Day</em>.
C’est dans un contexte bien particulier cette année que les consommateurs ont pris part au traditionnel <em>Boxing Day</em>.

La frénésie du Boxing Day: « quelque chose qu’on ne reverra pas »

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Article réservé aux abonnés
C’est dans un contexte bien particulier cette année que les consommateurs ont pris part au traditionnel Boxing Day. Si ces ventes d’après Noël ont longtemps été synonymes de frénésie dans les commerces, l’édition 2020 de l’événement, qui se sera déroulée principalement de manière virtuelle samedi, pourrait être un signe de ce qui attend les consommateurs dans le futur.

Au départ, les ventes d’après Noël étaient réservées pour mettre à rabais ce qui n’avait pas été vendu avant le temps des Fêtes. Aujourd’hui, avec la montée du commerce électronique, les entreprises exposent leurs meilleurs rabais avant la période des Fêtes.

« Le Boxing Day depuis quelques années était déjà en transformation, mais ce qui se passe cette année ne fait qu’accélérer le processus. Je crois que le Boxing Day tel qu’on l’a connu, c’est quelque chose qu’on ne reverra pas. Il n’y aura pas de retour en arrière », explique Luc Dupont, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa, qui se spécialise notamment en marketing et en image de marque.

« Je ne dis pas que le Boxing Day va disparaître à 100 %, mais l’effet de folie qu’on a connu autrefois est en train de s’estomper », poursuit-il.


« Sur le plan de la dépense, l’incertitude agit comme un tueur. »
Luc Dupont

Selon lui, les consommateurs auront été plus conservateurs dans leurs dépenses d'après Noël en raison du climat d’incertitude imposé par la COVID-19.

« Compte tenu du contexte particulier dans lequel on vit cette année, et compte tenu du fait que plusieurs personnes ont perdu leur emploi, le Boxing Day de cette année est nettement moins important qu’à l’habitude », détaille M. Dupont. « Sur le plan de la dépense, l’incertitude agit comme un tueur », illustre-t-il.

M. Dupont explique que le contexte pandémique actuel aura permis non seulement d’aiguiser les instincts de vente en ligne chez les consommateurs, mais aussi de permettre aux entreprises de mieux développer leur stratégie de vente en ligne.

« On assiste actuellement à une accélération de ce déplacement-là vers le commerce électronique, qui est encore plus marquée au Québec. La province accusait un retard très important sur le reste de l’Amérique du Nord. Certains croient qu’au courant des derniers mois, on a fait l’équivalent de 6 ans de rattrapage. »

M. Dupont ajoute qu’avec le temps, la livraison et le commerce en ligne sera encore plus ancré dans les habitudes des gens, notamment à cause du fait qu’il n’y au aucune frontière au commerce électronique.

« Les rabais sont mondiaux. Par exemple, les rabais de Thanksgiving aux États-Unis sont disponibles à tout le monde. Il n’y a pas de frontières au pays du commerce en ligne. Ce qui fait le que le Boxing Day a un peu moins sa raison d’être parce que les entreprises n’attendent plus à après Noël pour offrir leurs meilleurs rabais parce qu’il est trop tard. Les prix intéressants, il fallait les afficher quelques semaines plus tôt », conclut M. Dupont.