Selon l’enquête menée par Edelman, la confiance envers les médias traditionnels est à la hausse partout dans le monde.

La fausse nouvelle inquiète

Alors que les fausses nouvelles sont en train de miner l’univers des réseaux sociaux en mettant en doute leur crédibilité, la confiance envers les médias traditionnels est à la hausse partout dans le monde.

«Les gens se tournent davantage vers les médias traditionnels et les journalistes à cause de leur capacité d’analyse,de leur recherche et de la diversité des experts qu’ils consultent pour leur reportage», souligne Mme Ève Laurier, directrice général d’Edelman à Montréal, au sortir de la présentation Baromètre de confiance Edelman devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Au Québec, 61 % des répondants voient les fausses nouvelles comme une arme dangereuse. Le pourcentage varie de 71 à 75 % aux États-Unis, en Inde, au Brésil alors qu’il atteint entre 76 et 80 % au Mexique, en Argentine, en Espagne.

Matthew Harrington, chef mondial des opérations chez Edelman, a dévoilé mardi les données canadiennes de cette enquête annuelle mesurant la confiance du public et la crédibilité des institutions à l’échelle mondiale. Récemment, lors d’une présentation semblable en Inde, il avait pu mesurer la crainte des fausses nouvelles vues et perçues comme des armesçpouvant se retourner contre des pays et des institutions.

Ce n’est donc pas sans raison que la perte de confiance mondiale envers les influenceurs des nouveaux médias se déplace vers les réseaux traditionnels réputés pour leur rigueur. C’est ce que démontre cette 18e enquête réalisée auprès de 33 000 répondants dans 28 pays.

Les données mondiales montrent que 7 personnes sur 10 craignent l’effet des fausses nouvelles et des fausses informations. Pire, les deux tiers des répondants (63 %) craignent que la moyenne des gens ne soit pas capable de faire la différence entre la bonne nouvelle journalistique et la rumeur.

Pire, 59 % des gens trouvent qu’il est de plus en plus difficile de savoir si une information provient d’une source fiable du monde des médias. L’effet pervers de cette impression amène un scepticisme chez les gens interrogés. Ils soulignent que les éditeurs de journaux et les services de nouvelles semblent parfois plus motivés par les cotes d’écoute ou leur lectorat (58 % au Québec et 66 % dans le monde), que les nouvelles de dernière heure (breaking news) sacrifient la véracité de l’information au profit de la rapidité de diffusion (60 % au Québec, 65 % dans le monde). Il y a d’ailleurs eu un cas du genre à Montréal avec l’histoire d’un chantier construction devant une mosquée où les dirigeants auraient refusé la présence de femmes devant l’établissement. La vérification diligente a démontré que cela était faux.

Malgré tout la confiance envers les médias traditionnels et les médias en ligne est passée de 54 % à 66 % dans la dernière année alors que la confiance envers les réseaux sociaux et les moteurs de recherche est passée de 46 % à 49 % au Québec et à 43 % au Canada entre 2017 et 2018.

On note un désengagement des consommateurs de nouvelles au Québec : 61 % des gens interrogés s’informent moins d’une fois par semaine (Canada 54 %), 22 % au moins une fois par semaine (Canada 31 %) alors que le partage des nouvelles atteint 17 % (Canada 16 %). Et 40 % des Québécois disent être moins bien informés qu’il y a 10 ans.