Au Canada, le rapport indique que la demande devrait légèrement augmenter en 2020 par rapport à 2019.

La demande mondiale pour le pétrole semble avoir ralenti, observe l’OPEP

CALGARY - La demande pour le pétrole brut semble s’affaiblir dans plusieurs régions du monde, incluant l’Europe, la Chine et les États-Unis, affirme l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Le cartel a calculé que la demande mondiale totale de brut augmenterait d’environ 1,02 pour cent en 2019 par rapport à l’année dernière et de 1,08 pour cent en 2020 par rapport à cette année.

Ces deux prévisions sont en baisse par rapport aux estimations précédentes de 1,11 pour cent et de 1,14 pour cent, émises le 16 août.

«La baisse peut être attribuée aux données plus faibles que prévu (au premier semestre 2019) de divers centres de demande mondiaux et aux projections de croissance économique plus lentes pour le reste de l’année», explique le rapport.

L’estimation de la croissance économique mondiale établie par l’OPEP a été réduite à 3,0 pour cent en 2019 et à 3,1 pour cent en 2020, soit une baisse de 0,1 point par an par rapport à l’estimation d’août.

Parmi les facteurs évoqués pour le recul se trouvent le ralentissement de la croissance économique aux États-Unis et de celle des entreprises européennes qui utilisent l’euro, la croissance inférieure aux estimations en Inde au cours du premier semestre de 2019 et le différend commercial entre les États-Unis et la Chine.

Au Canada - un exportateur de pétrole hors OPEP - le rapport indique que la demande devrait légèrement augmenter en 2020 par rapport à 2019. La croissance de la demande a été stagnante pendant les cinq premiers mois de l’année, mais a rebondi en juin.

La demande pour le pétrole brut aux États-Unis, un important consommateur de pétrole canadien, devrait encore augmenter, mais de 1,0 pour cent en 2019, en baisse par rapport à la précédente estimation de 1,05 pour cent. La croissance projetée de la demande américaine en 2020 est de 0,70 pour cent.

Selon le président et chef de la direction de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, le problème ne réside pas tant dans le manque de demande que dans l’incapacité du Canada à livrer du pétrole et du gaz naturel en raison de l’insuffisante capacité du réseau de pipelines.

«C’est un problème que nous avons nous-mêmes créé et nous devons enfouir de nouvelles canalisations dans le sol (pour aller) vers le sud, l’ouest et l’est», a affirmé M. McMillan dans une entrevue téléphonique. «J’espère que cela sera un enjeu électoral dans toutes les régions du Canada.»

Selon le rapport de l’OPEP, la demande dans les économies avancées d’Europe devrait diminuer de 0,15 pour cent en 2019 par rapport à l’année dernière, et de 0,21 pour cent en 2020.

La demande dans les économies de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de la région de l’Asie et du Pacifique devrait chuter de 1,02 pour cent et 0,99 pour cent en 2019 et 2020, respectivement.

En Chine, pays non membre de l’OCDE, la demande de pétrole devrait augmenter cette année de 2,73 pour cent par rapport à 2018 et de 2,37 pour cent l’an prochain. Les estimations précédentes évoquaient des hausses de 2,77 pour cent en 2019 et de 2,45 pour cent en 2020.