Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie

La croissance non partagée est un risque, dit la numéro un de la Francophonie

Toute croissance économique qui n’est pas partagée est un risque pour le monde, car cela alimente les conflits, a soutenu Louise Mushikiwabo, la secrétaire générale de la Francophonie alors qu’elle ouvrait La Conférence de Montréal lundi matin.

Le rassemblement annuel du Forum économique international des Amériques célèbre cette année sa 25e édition, sous le thème «Mener le changement».

Un changement particulièrement bien incarné par les femmes, a souligné celle qui tient les rênes de l’organisation de la francophonie depuis janvier.

Elle se faisait cette réflexion en constatant que trois des personnes ayant monté sur scène pour l’ouverture de la conférence sont des femmes, à différents - mais tous importants - niveaux de responsabilités: la mairesse de Montréal, Valérie Plante, la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, et elle-même.

Il faut intégrer les femmes à nos économies et à nos sociétés, car elles sont des agents transformateurs et de changement, a soutenu la Rwandaise, dont c’était la première visite officielle au Québec et au pays depuis son entrée en fonction.

Mais elle a aussi eu cet avertissement, qui, elle espère, alimentera la réflexion.

«Toute croissance qui n’est pas partagée, qui n’est pas distribuée, est un risque pour notre monde, pour le monde des affaires... pour le monde tout simplement».

Alors que le partage, lui, est une «assurance» pour l’avenir.

«Le développement économique des pays les plus pauvres est un enjeu majeur pour l’ensemble de la communauté internationale. La pauvreté et les inégalités alimentent les conflits, l’insécurité, et constituent les causes profondes des migrations» a dit la numéro un de la Francophonie, notant que son organisation compte beaucoup de pays en développement.

Face à cette urgence, dit-elle, les pays d’Afrique se sont dotés de plans de développement à long terme.

C’est pourquoi elle a exhorté les nations à voir ce continent comme un allié: «L’Afrique doit cesser d’être le sujet de charité, l’Afrique doit être un partenaire», a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

Elle estime que l’Afrique dispose d’immenses atouts pour être le prochain moteur de la croissance mondiale en raison de la jeunesse de sa population, de sa diversité culturelle, de sa démographie «galopante» et de ses ressources naturelles importantes.

Elle incite les entreprises d’ici à aller explorer les possibilités d’affaires avec l’Afrique, ce qui mènera à assurer de «nouveaux équilibres», juge-t-elle.

Plus de 4000 participants sont attendus à la Conférence de Montréal qui se déroule dans la métropole jusqu’à jeudi.

Elle a été présentée pour la première fois en 1995 par le Forum économique international des Amériques, avec pour mission de développer la connaissance des grands enjeux de la mondialisation des marchés, en mettant l’accent sur les relations entre les Amériques et les autres continents.