Le titre de la société montréalaise a plongé de 8,95 $, soit 17,2 %, pour clôturer à 43,12 $ à la Bourse de Toronto.

La croissance des ventes de Dollarama ralentit

TORONTO — L’action de Dollarama a enregistré jeudi son plus important recul en une seule séance depuis le début de l’année, après que l’entreprise eut dévoilé un chiffre d’affaires et un profit inférieurs à ceux attendus par les analystes.

Le détaillant à bas prix a notamment expliqué avoir hésité à hausser ses prix en raison des pressions concurrentielles.

Le titre de la société montréalaise a plongé de 8,95 $, soit 17,2 %, pour clôturer à 43,12 $ à la Bourse de Toronto. Il a reculé en cours de séance jusqu’à 41,63 $, ce qui était son plus faible niveau des 52 dernières semaines.

Dollarama a affiché jeudi un bénéfice de 141,8 millions $ pour son deuxième trimestre clos le 29 juillet, en hausse par rapport à celui de 131,8 millions $ de la même période l’an dernier.

Malgré cette hausse de profit, le résultat par action de 43 cents était inférieur à celui de 44 cents attendu par les analystes, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

En outre, les revenus ont atteint 868,5 millions $, comparativement à ceux de 812,5 millions $ au même trimestre de l’année dernière, mais elles restaient inférieures d’environ deux pour cent aux estimations des analystes, qui visaient 887,6 millions $.

L’analyste Irene Nattel, de RBC Dominion valeurs mobilières, a reconnu que les améliorations de marge et de coûts au deuxième trimestre contrebalançaient la «terne» croissance des ventes des magasins ouverts depuis au moins un an. Elle a malgré tout abaissé son cours cible pour son action à 52 $, par rapport à 55 $ précédemment, pour tenir compte du ralentissement de la croissance des ventes.

Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, des dirigeants de Dollarama ont expliqué qu’ils avaient décidé de retarder la hausse des prix pour leurs clients parce que le coût de leurs produits importés était plus stable que prévu et parce que les mesures de réductions de coûts introduites l’année dernière avaient contrebalancé la hausse des salaires minimums.

«Nous avons d’abord pensé que les difficultés inflationnistes pour les biens achetés en Chine auraient un impact notable sur la marge brute dans la deuxième moitié de l’année», a affirmé le directeur financier, Michael Ross.

Il a ajouté que, en se fiant à ses commandes auprès de fournisseurs chinois, l’impact devrait être moins important que prévu «ce qui laisse des marges pour que le reste de l’année soit meilleur qu’initialement prévu».

En ce qui concerne les coûts de la main-d’oeuvre, les concurrents de la société n’ont pas retransmis la hausse du salaire minimum en Ontario aux consommateurs, et Dollarama a décidé de suivre leur exemple, a-t-il déclaré.

La décision de Dollarama de reporter ses majorations de prix habituelles restera probablement intacte pour le reste de l’année, bien qu’elles puissent être introduites rapidement si les circonstances devaient changer, a noté M. Ross.

«C’est une décision quotidienne», a déclaré le chef de la direction, Neil Rossy. «C’est vraiment au cas par cas, comme cela a toujours été le cas tout au long de notre histoire, et c’est ainsi que nous essayons de rester concurrentiels pour l’ensemble du magasin.»

M. Rossy a reconnu que la décision de retarder les hausses de prix avait eu une influence négative sur les ventes des magasins ouverts depuis au moins un an, une mesure importante dans le secteur de la vente au détail. Celles-ci ont augmenté de 2,6 % au deuxième trimestre de cette année.

La croissance des ventes des magasins comparables a été défavorable par rapport à celle de 6,1 % enregistrée un an plus tôt, mais M. Rossy a fait valoir que cette hausse avait été particulièrement marquée en raison des ventes de souvenirs inspirés du 150e anniversaire du Canada.

Toutefois, M. Rossy a ajouté que Dollarama était également en mesure d’améliorer sa marge brute à 39,7 % des ventes, contre 39,6 %, et que le bénéfice net par action avait augmenté de 13,2 %, passant de 38 cents l’an dernier à 43 cents au plus récent trimestre.

M. Ross a également souligné que les chiffres du premier semestre lui laissaient croire que la marge brute et la marge du bénéfice avant impôts, intérêt et amortissement, devraient augmenter, tandis que le pourcentage des revenus dépensés pour les ventes et l’administration pour l’ensemble de l’exercice devrait diminuer.