Le président et chef de la direction de Cominar Sylvain Cossette
Le président et chef de la direction de Cominar Sylvain Cossette

La crise sanitaire n’entraînera pas d'exode dans les immeubles de bureaux, selon Cominar

MONTRÉAL — La pandémie de COVID-19 a peut-être mis en lumière les vertus du télétravail, mais cela ne se traduira pas pour autant par un exode dans les immeubles de bureaux, estime le Fonds de placement immobilier Cominar — l’un des principaux propriétaires et gestionnaires d’immeubles de la province.

Si certains employeurs feront preuve d’une plus grande flexibilité en offrant à leurs salariés la possibilité de travailler à la maison, les bureaux physiques sont là pour rester, a affirmé mardi le président et chef de la direction du gestionnaire immobilier, Sylvain Cossette.

«La [semaine] de travail sera probablement moins structurée que les 37 heures et demie au bureau, a-t-il dit, dans le cadre d’une conférence organisée par la Financière Banque Nationale pour les investisseurs. Mais à la lumière des échanges que j’ai, l’espace de travail physique fait partie intégrante d’une entreprise. Je m’attends à ce que cela continue.»

Dans la foulée de la crise sanitaire, certaines grandes sociétés, comme Twitter, ont fait les manchettes pour avoir offert la possibilité à certains de leurs employés de travailler à la maison de manière permanente. Au Canada, la société ontarienne Shopify a fait de même.

Au 31 mars, Cominar était propriétaire de 315 immeubles de bureaux, commerciaux et industriels dont la superficie était estimée à 35,9 millions de pieds carrés, répartie entre Montréal, Québec et Ottawa. Le secteur des bureaux représente environ 31 % de la superficie totale de son portefeuille.

Si les discussions visant à attirer de nouveaux locataires sont au ralenti, il n’y a pas vraiment eu de changements du côté des locataires actuels, a affirmé M. Cossette. Pour le moment, a-t-il expliqué, la plupart des compagnies sont plutôt préoccupées par la réintégration de leurs locaux de façon sécuritaire.


« La [semaine] de travail sera probablement moins structurée que les 37 heures et demie au bureau. Mais à la lumière des échanges que j’ai, l’espace de travail physique fait partie intégrante d’une entreprise. Je m’attends à ce que cela continue. »
Sylvain Cossette, président et chef de la direction de Cominar

Bien qu’il soit un peu tôt pour faire des prédictions, la COVID-19 ne devrait pas, à long terme, avoir des répercussions sur la superficie louée dans les immeubles de bureaux, selon le grand patron de Cominar.

«Je crois que l’on optera pour la distanciation physique plutôt que d’avoir plus d’employés dans une superficie donnée, a-t-il souligné. Il devrait y avoir plus de bureaux fermés. En fin de compte, cela devrait s’équilibrer.»

Cominar dit avoir perçu environ 88 % des loyers de ses immeubles de bureaux pour le mois de juin. Du côté commercial, qui comprend notamment ses 18 centres commerciaux, dont certains ont pu rouvrir leurs portes, le taux devrait osciller aux alentours de 40 %.

Aide saluée

Le gestionnaire immobilier a indiqué que dans secteur commercial, environ 1200 de ses locataires s’étaient tournés vers l’Aide fédérale d’urgence pour le loyer commercial. Son président a salué l’annonce récente du gouvernement Legault d’absorber la moitié de la facture actuellement assumée par les propriétaires, qui passera désormais à 12,5 %.

«Cela comporte de réels avantages pour nous, a dit M. Cossette. J’ignore toutefois si pour le moment la contribution au programme ira au-delà du mois de juin.»

Vers la fin avril, Cominar avait reçu des demandes de report de loyer de locataires pour environ 44 % des loyers de son portefeuille commercial.

À l’heure actuelle, environ 28 % des locataires, comme des chaînes d’alimentation, du portefeuille commercial se trouvent dans le secteur des services jugés essentiels. Cominar aimerait que cette proportion grimpe de sept à huit points de pourcentage.

Pour y arriver, le gestionnaire immobilier compte notamment s’éloigner de certains secteurs, comme celui de la mode, qui éprouvaient déjà des difficultés avant l’arrivée de la pandémie.