Éric Simard est directeur administratif de la Coopérative forestière Ferland-Boilleau et coprésident de BoréaRessources, la filiale de la coopérative dédiée aux huiles essentielles.

La Coop. forestière Ferland-Boilleau mise sur le thé du Labrador et les huiles essentielles

La Coopérative forestière Ferland-Boilleau investit 850 000 $ afin d’augmenter sa production d’huiles essentielles dédiées aux marchés américain et européen des produits cosmétiques, en misant en particulier sur le thé du Labrador. Le projet s’inscrit dans une vision plus large de mise en valeur des sous-produits de la forêt boréale, laquelle pourrait se traduire en des investissements de trois à quatre millions $ dans les prochaines années.

L’ajout d’un alambic d’une capacité de 5000 litres est au cœur des investissements actuels de la coopérative forestière dans son Centre de valorisation des ressources forestières. Le plan d’investissement a débuté en novembre, a expliqué Éric Simard, directeur administratif de la coopérative forestière et coprésident de BoréaRessources, la filiale de la coopérative dédiée aux huiles essentielles, en marge de l’événement Distille ton sapin, tenu samedi.

L’alambic, qui doit être mis en opération en avril, s’ajoutera à un alambic de 1500 litres que possède déjà la coopérative depuis quelques années, ainsi qu’à deux autres petits alambics utilisés pour des productions expérimentales. Ces appareils de distillation à la vapeur permettent d’extraire des huiles essentielles de différentes plantes ou essences de bois de la forêt boréale.

L’alambic, un appareil de distillation à la vapeur, permet à la coopérative d’extraire des huiles essentielles de différentes plantes ou essences de bois de la forêt boréale.

« C’est de la fabrication sur mesure. Il est en conception actuellement », a ajouté Benoit Roger, président de l’entreprise chicoutimienne Alchemia Solutions, qui accompagne la coopérative dans ce projet. Il devait d’ailleurs réviser les plans de l’alambic, qui est fabriqué à Québec.

Un alambic de 5000 litres, qui est présentement en conception, s’ajoutera à cet alambic de 1500 litres qui se trouve à Ferland-et-Boilleau, au Centre de valorisation des ressources forestières de la coopérative.

La construction de la structure entourant l’alambic et le système d’alimentation en énergie de la chaudière représentent la majorité des investissements requis, tandis que l’appareil lui-même coûte quelque 100 000 $. La coopérative espère pouvoir éventuellement convertir à la biomasse forestière le système qui sera tout d’abord alimenté au mazout ou au propane.

« Le but, c’est d’être prêts pour le thé du Labrador », a souligné Éric Simard.

L’huile essentielle du thé du Labrador, une plante de la forêt boréale reconnue pour ses propriétés antioxydantes et médicinales, est recherchée par l’industrie cosmétique. « Le marché des huiles essentielles, c’est un marché qui est mondial, contrairement au bois, qui est un marché typiquement nord-américain », a précisé le directeur administratif.

La production sera dédiée au marché européen, où la demande est forte, ainsi qu’au marché américain.

Donner de la valeur aux produits de la forêt

Cette augmentation de la production d’huiles essentielles par la coopérative est une étape de plus pour le Centre de valorisation des ressources forestières, fondé en 2013 et installé dans une ancienne usine de bois de plancher à Ferland-et-Boilleau, qui s’est donné pour mission de faire les choses différemment.

« Le but, c’est de donner de la valeur aux produits de la forêt. Faire n’importe quoi avec des produits de la forêt, mais pas du 2 par 4 », a résumé Éric Simard.

Des sacs d’écorces séchées et broyées d’une vingtaine d’essences différentes sont exportés en Europe par la coopérative pour l’industrie cosmétique.

Des sacs d’écorces séchées et broyées d’une vingtaine d’essences différentes sont également exportés en Europe par la coopérative pour leurs propriétés antioxydantes, le tout dédié encore une fois à l’industrie cosmétique. Certaines écorces proviennent de la scierie Lignarex de La Baie, qui est opérée par la coopérative.

Résidus de la distillation

Dans le même ordre d’idées, la coopérative forestière souhaite investir de trois à quatre millions $ dans les deux ou trois prochaines années, notamment pour mener des recherches afin de valoriser davantage les résidus de la distillation.

« On veut identifier des molécules intéressantes qui restent dans notre matière première après qu’on l’ait distillée et valorisée », a-t-il ajouté, en précisant travailler avec l’entreprise québécoise Silicycle dans ce dossier.

Tenter de tirer son épingle du jeu en misant sur les sous-produits de la forêt boréale représente son lot de défis dans un marché canadien habitué à une production de volume. « Ça aurait été facile de faire des biens de commodité, a laissé tomber M. Simard. […] On savait que ça allait être risqué et compliqué, mais c’est ce qu’on voulait faire. On voulait faire différent. »