Les actionnaires de HBC se préparent à voter, la semaine prochaine, sur une offre de privatisation de 10,30 $ par action présentée par un groupe dirigé par le président exécutif de la compagnie, Richard Bake.
Les actionnaires de HBC se préparent à voter, la semaine prochaine, sur une offre de privatisation de 10,30 $ par action présentée par un groupe dirigé par le président exécutif de la compagnie, Richard Bake.

La Compagnie de la Baie d’Hudson creuse sa perte

Aleksandra Sagan
La Presse Canadienne
La stratégie du plus ancien détaillant au Canada restera la même, qu’elle reste ou non une société ouverte, a affirmé mardi la chef de la direction de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC), alors que la société a fait état de ventes stagnantes pour son plus récent trimestre.

Les actionnaires de HBC se préparent à voter, la semaine prochaine, sur une offre de privatisation de 10,30 $ par action présentée par un groupe dirigé par le président exécutif de la compagnie, Richard Baker.

«Au cours du dernier mois, plusieurs nous ont demandé si nous nous attendions à ce que notre stratégie change», a indiqué mardi la chef de la direction, Helena Foulkes, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, après la publication des résultats financiers du troisième trimestre.

«En bref, la réponse est non. Que nous soyons une entreprise publique ou privée, notre stratégie reste la même», a assuré Mme Foulkes, soulignant son engagement à réaliser des investissements ciblés conçus pour stimuler la croissance, améliorer l’expérience client, réduire les coûts d’exploitation, fixer les données fondamentales et capitaliser sur la valeur immobilière.

«Ces actions sont cruciales pour garantir que nous pouvons alimenter [les revenus et les profits] à long terme. Même si cela va prendre du temps, nous avons bon espoir de progresser et notre promesse est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour tirer le maximum du patrimoine et du potentiel extraordinaire de HBC.»

La prise de contrôle fait l’objet d’un examen plus minutieux et de plusieurs obstacles d’ici l’assemblée extraordinaire du 17 décembre, au cours de laquelle la majorité des actionnaires minoritaires de la société devront l’approuver pour qu’elle puisse avoir lieu.

Recommandation contre

La société de services-conseils Institutional Shareholder Services a recommandé aux actionnaires de voter contre l’offre de 10,30 $ par action approuvée par un comité spécial du conseil de HBC. Le comité a rejeté une offre concurrente de 11 $ de Catalyst Capital Group en faisant valoir que le groupe dirigé par M. Baker, qui contrôle environ 57 % de HBC, n’était pas intéressé à vendre sa participation.

Plus tôt mardi, HBC a indiqué que les ventes de ses magasins ouverts depuis au moins un an, une mesure clé dans le secteur du commerce de détail, avaient chuté de 1,7 % pour le trimestre clos le 2 novembre.

«Il ne fait aucun doute que nous aurions aimé en tirer plus de notre performance du troisième trimestre, puisque nous nous mesurions à notre comparaison la plus difficile par rapport à l’an dernier», a précisé Mme Foulkes.

«De solides ventes numériques, un contrôle soutenu des coûts et la gestion des stocks n’ont pas suffi à surmonter les vents contraires, le fléchissement dans la catégorie des produits de luxe et le défi consistant à regagner des parts de marché au Canada.»

Dans les magasins de l’enseigne Saks Fifth Avenue, la société a noté une baisse de 2,3 %des ventes au cours du trimestre, par rapport à un bond de 7,3 % au cours de la même période l’an dernier.

Du côté de la Baie d’Hudson, les ventes des magasins comparables ont diminué de 3,9 % au troisième trimestre.

Les difficultés de ces chaînes «sont en grande partie volontaires», a souligné Mme Foulkes. La société continue de consacrer des efforts à la conception de l’expérience client. Au cours de la prochaine saison printanière, la Baie d’Hudson présentera 75 nouveaux créateurs et abandonnera 600 marques, a-t-elle précisé, principalement dans l’habillement.

Ventes numériques

Le détaillant a enregistré une augmentation de 15 % des ventes numériques au cours du trimestre. À cet effet, la société s’est concentrée sur la fixation des données fondamentales dans ce domaine, a assuré Mme Foulkes, notamment en ce qui a trait à la vitesse du site Internet et à la simplification du processus de paiement.

Dans l’ensemble, la société a réalisé une perte de 226 millions $ pour son plus récent trimestre, soit 1,23 $ par action, par rapport à celui de 161 millions $, ou 88 ¢ par action, un an plus tôt.

Les revenus ont totalisé 1,84 milliard $, en baisse par rapport à ceux de près de 1,89 milliard $ au même trimestre l’an dernier. Parallèlement, les ventes au détail se sont chiffrées à environ 1,82 milliard $ pour le trimestre, contre environ 1,86 milliard $ un an plus tôt.

Perte de 128 M$

Sur une base ajustée, HBC a indiqué avoir perdu 128 millions $ au dernier trimestre, comparativement à une perte comparable de 56 millions $ il y a un an.

La lutte pour le rachat de HBC se déroule sur plusieurs fronts, notamment celui d’une audience qui a été demandée par Catalyst à la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, et qui est prévue mercredi.

Catalyst, qui encourage d’autres actionnaires minoritaires à rejeter l’offre de M. Baker, a demandé au groupe de réglementation de bloquer l’offre de privatisation ou, au moins, de demander à HBC de modifier sa circulaire d’information.

Une société d’investissement de New York a également déposé une plainte devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario la semaine dernière, réclamant «une ordonnance interdisant définitivement» à la proposition de privatisation d’aller de l’avant.

Dans son rapport, ISS a écrit que le comité spécial de HBC chargé d’examiner les propositions de rachat semble s’être «lui-même menotté» dans sa capacité de déterminer qu’une autre offre est supérieure — ce qui demanderait qu’il soit jugé raisonnablement possible que l’offre concurrente soit menée à terme sans retard injustifié —, puisque l’opposition exprimée par le groupe d’initiés rend impossible la conclusion de toute autre transaction.

Le conseil d’administration de HBC a qualifié le rapport de «défaillant» dans un communiqué.