La demande d’établir le salaire minimum à 15 $ l’heure, au Québec, s’est généralisée à partir du 1er mai 2016, il y a donc trois ans et demi.

La campagne pour le salaire minimum à 15 $ présente des cas concrets

MONTRÉAL - Les 211 groupes qui réclament un salaire minimum à 15 $ l’heure le plus tôt possible au Québec sont revenus à la charge, vendredi, un an après avoir lancé leur déclaration commune à ce propos.

À l’aide de cas concrets, ils ont voulu démontrer comment ces travailleurs qui gagnent moins que 15 $ l’heure ont peine à joindre les deux bouts, même s’ils travaillent à temps plein à ce salaire.

Certains doivent occuper un deuxième emploi pour y arriver, surtout s’ils ont des enfants. Ils doivent parfois recourir aux banques alimentaires. Il faut dire non aux enfants, ne pas aller bien loin en vacances, acheter des articles de seconde main, se vêtir dans les friperies.

Pourtant, ces gens travaillent.

Jacques Bériault s’occupe de l’entretien dans une résidence privée pour aînés, de nuit, où il veille aussi à la sécurité. Rendu au quatrième échelon, il gagne maintenant 14,13 $ l’heure avec une prime de nuit de 50 cents l’heure. Avec un emploi à trois jours semaine, il doit avoir un deuxième boulot pour arriver, a-t-il relaté.

M. Bériault déplore le fait que dans bien des résidences pour personnes âgées, les résidants doivent payer des loyers de 2000 $ à 4000 $ par mois et bien des extras leur sont facturés: quand un repas doit leur être apporté dans leur chambre, par exemple. Or, les employés bénéficient peu de ces augmentations des contributions des résidants.

Nathalie Busato, préposée à la salle à manger dans un centre d’hébergement privé, gagne 14,35 $ l’heure, même si cela fait 20 ans qu’elle travaille pour la même entreprise. «J’ai commencé à 8,50 $ il y a 20 ans. Et quand on regarde: je n’ai pas eu une grosse augmentation depuis 20 ans. On travaille fort.»

Benedicte Carole Ze travaille dans une compagnie de recyclage. «Aujourd’hui, je suis à 14 $ de l’heure pour un «shift» de nuit de 12 heures, de 7 heures à 7 heures du matin, de lundi à jeudi. Je suis mère de deux enfants; j’ai 34 ans et ça n’a jamais été facile. Mes enfants ne sont pas ici, parce que je suis en situation précaire. Il faut les nourrir; il faut payer leur éducation; il faut envoyer cet argent. Moi-même j’ai un loyer à payer ici, j’ai mes factures, Hydro, téléphone, ma carte de métro.»

Gagner 15 $ l’heure leur permettrait de mieux manger, de payer toutes leurs factures, de s’habiller dans un magasin à grande surface plutôt que dans une friperie, de faire un petit voyage pas trop loin avec les enfants, de ne pas toujours avoir à leur dire «non, on ne peut pas», relatent-ils.

La demande d’établir le salaire minimum à 15 $ l’heure, au Québec, s’est généralisée à partir du 1er mai 2016, il y a donc trois ans et demi. Il est maintenant à 12,50 $.

L’Ontario a fixé son salaire minimum à 14 $ l’heure le 1er janvier 2018 et l’Alberta à 15 $ l’heure le 1er octobre 2018.

La centrale syndicale FTQ, lors de son congrès qui se déroulera à la fin du mois, doit discuter de propositions visant à revendiquer de porter le salaire minimum à 17 $ ou 18 $ l’heure, à plus long terme.