L’endettement des ménages exprimé en fonction de leur revenu disponible a atteint des niveaux historiques et continue de croître, affirme la Banque du Canada.

La Banque du Canada observe des signes d’atténuation des vulnérabilités

La croissance soutenue de l’endettement des ménages et les déséquilibres du marché du logement sont toujours les principales vulnérabilités du système financier du pays, a indiqué mardi la Banque du Canada, mais des signes d’amélioration pointent à l’horizon.

Dans un document publié mardi, la banque centrale a affirmé que ces sources d’inquiétudes, présentes depuis déjà plusieurs trimestres, donnaient des signes d’assouplissement — grâce à la meilleure création d’emplois, au raffermissement des politiques en matière de logement et à la hausse des taux d’intérêt hypothécaires.

Cette évaluation s’inscrivait dans le cadre du rapport semestriel de la banque centrale sur les principales vulnérabilités et les risques entourant la stabilité du système financier. Ce rapport décrit les vulnérabilités comme des conditions préexistantes susceptibles d’amplifier les chocs et de les propager.

« Globalement, les risques qui pèsent sur le système financier canadien restent moyennement élevés. On voit toutefois poindre certains signes avant-coureurs d’amélioration », a affirmé la banque dans sa plus récente évaluation.

« Les conditions économiques plus favorables et plusieurs nouvelles mesures adoptées par les autorités publiques laissent présager d’autres progrès. »

Le niveau d’endettement, particulièrement le nombre de ménages lourdement endettés, reste élevé, note le rapport. L’endettement des ménages exprimé en fonction de leur revenu disponible a atteint des niveaux historiques et continue de croître, affirme la banque.

Mais elle dit apercevoir certains signes encourageants, qui permettent de croire que le resserrement des règles sur les prêts hypothécaires a commencé à réduire cette vulnérabilité.

Lorsque questionné au sujet du ton légèrement plus optimiste de la Banque du Canada par rapport à son rapport précédent, publié en juin, le gouverneur de l’institution, Stephen Poloz, a indiqué aux journalistes que la chose la plus importante était de se souvenir que les vulnérabilités restent importantes.

« Celles-ci ne se mesurent pas en décimales — elles sont simplement élevées », a affirmé M. Poloz, à Ottawa.

« Cela signifie que si un choc survient, il va être amplifié par ces vulnérabilités et cela est une source d’inquiétude pour nous. »

La Banque du Canada s’attend en outre à ce que les hausses des taux d’intérêt et la mise en place, à compter de l’an prochain, d’une nouvelle simulation de crise pour les prêts qui n’ont pas besoin d’être assurés, exercent une pression à la baisse sur les prix des grands marchés immobiliers comme ceux de Vancouver et Toronto.

Selon le rapport, les principaux risques menaçant le Canada sont une profonde récession à l’échelle du pays et un recul de la croissance mondiale déclenché par une forte perturbation financière dans un marché en émergence comme la Chine. Mais la probabilité de voir ces scénarios se concrétiser, bien que moyennement élevée, est à la baisse.