Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz

La Banque du Canada évoque la prudence

La Banque du Canada a laissé son taux d’intérêt directeur inchangé mercredi, après l’avoir majoré lors de ses deux dernières décisions. La banque centrale a laissé entendre que d’autres hausses étaient toujours possibles, mais qu’elles auraient lieu à un rythme plus graduel.

La banque a indiqué avoir choisi le statu quo en partie parce qu’elle s’attend à ce que la récente vigueur du dollar canadien ralentisse la croissance de l’inflation.

Pour étayer sa thèse, la banque centrale a en outre noté qu’une incertitude considérable persistait en ce qui a trait à l’évolution géopolitique et aux politiques budgétaires et commerciales, notamment avec la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a haussé le taux directeur de l’institution à deux reprises depuis juillet, en réaction à l’impressionnante performance de l’économie lors des quatre derniers trimestres. Ces deux décisions ont renversé les réductions de taux introduites en 2015 pour prévenir le choc économique lié au plongeon des cours du pétrole brut.

La banque a indiqué mercredi qu’elle s’attendait à rester sur le chemin des hausses de taux, mais peut-être à un rythme plus hésitant.

«Même si un degré moindre de détente monétaire sera probablement nécessaire avec le temps, le Conseil fera preuve de circonspection au moment de procéder à de futurs ajustements du taux directeur», a expliqué la banque dans un communiqué.

Elle a indiqué qu’elle porterait une attention particulière aux nouvelles données économiques pour évaluer la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt, l’évolution des capacités économiques et la croissance des salaires et de l’inflation. Sa prochaine décision sur la politique monétaire est prévue pour le 6 décembre.

La banque centrale a en outre dévoilé mercredi une mise à jour de ses prévisions, et mise sur un ralentissement de la croissance après la puissante performance affichée pendant la première moitié de l’année.

La croissance économique, mesurée à l’aide du produit intérieur brut (PIB), devrait s’établir à 3,1 % cette année, avant de ralentir à 2,1 % l’an prochain et à 1,5 % en 2019.

L’économie a crû au rythme annuel de 3,7 % au premier trimestre de 2017, et de 4,5 % au deuxième trimestre. Les plus récentes perspectives de la Banque du Canada visent maintenant une croissance annuelle de 1,8 % au troisième trimestre et de 2,5 % pour les trois derniers mois de l’année.