La Baie (HBC) n’est pas satisfaite de la performance de ses activités de vente à prix réduits.

La Baie s’entend sur la vente de Gilt et affiche une perte de 400 millions $

La Compagnie de la Baie d’Hudson va vendre ses activités de commerce en ligne Gilt et fermer plusieurs magasins Lord & Taylor, le détaillant en difficultés espérant ainsi améliorer sa performance financière.

«Ces décisions nous permettront de nous concentrer sur les activités les plus susceptibles d’avoir un impact significatif sur nos résultats», a fait valoir mardi le président exécutif du plus vieux détaillant au pays, Richard Baker, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes.

La Baie (HBC) n’est pas satisfaite de la performance de ses activités de vente à prix réduits, a ajouté la chef de la direction, Helena Foulkes.

La société a l’intention de consacrer des ressources à son enseigne Saks Off Fifth, spécialisée dans l’habillement de couturier à bas prix, et de «réaliser tout le potentiel qu’offre cette bannière de luxe hors prix», a-t-elle ajouté, ajoutant qu’une nouvelle équipe examinait tous les aspects de l’entreprise, y compris le marchandisage et l’exploitation des magasins.

Rue La La a annoncé lundi qu’elle rachèterait sa concurrente Gilt auprès de HBC dans le cadre d’une transaction qui devrait être conclue en juillet.

Les deux entreprises de commerce en ligne vendent des vêtements, des accessoires et des articles ménagers au rabais. Gilt a été fondée en 2007 et HBC avait annoncé en janvier 2016 son acquisition du détaillant en ligne pour 250 millions $.

Les deux marques continueront à fonctionner de manière indépendante, a précisé lundi Rue La La dans un communiqué.

HBC, qui a confirmé l’entente mardi, a également annoncé la fermeture de 10 magasins Lord & Taylor jusqu’à la fin de 2019, dans le but de réduire ses coûts et d’optimiser ses performances.

La société explore en outre diverses possibilités pour profiter davantage de son portefeuille d’actifs immobiliers, a expliqué M. Baker.

Extraire la valeur des actifs immobiliers

HBC s’attend à conclure la vente de son immeuble phare de la Fifth Avenue, Lord & Taylor, dans la seconde moitié de l’année, a-t-elle ajouté. Elle quittera cet emplacement lorsque WeWork, un fournisseur d’espaces de travail et de services, aura pris possession du bâtiment. Quand elle a conclu l’accord de 1,6 milliard $ sur la vente de l’immeuble, HBC avait d’abord prévu qu’elle occuperait un plus petit espace dans l’immeuble de Manhattan.

La société tient également des discussions en vue de la vente et de la cession-bail de son grand magasin La Baie du centre-ville de Vancouver.

Les ventes d’actifs font partie de la stratégie de l’entreprise visant à libérer la valeur de ses biens immobiliers, a expliqué M. Baker.

«Nous croyons qu’il est possible de créer des partenariats supplémentaires qui utiliseront mieux l’espace physique tout en augmentant le trafic et en améliorant la performance économique de nos magasins.»

La société a dû affronter la pression d’un investisseur activiste, Land & Buildings Investment Management, qui lui demandait à l’automne dernier de libérer plus de valeur de la part de ses actifs immobiliers. La firme faisait valoir que les actions du détaillant étaient sous-évaluées et lui a proposé d’acheter ses activités en Allemagne pour 4,49 milliards $. Le conseil d’administration de HBC a cependant rejeté l’offre à l’unanimité en février.

Les grands détaillants connaissent des difficultés en cette période où les consommateurs préfèrent les magasins de luxe, à bas prix ou spécialisés aux grands magasins qui jouent plutôt le rôle de guichets uniques. En outre, comme plusieurs autres détaillants, HBC est aux prises avec la migration continue des consommateurs vers les achats en ligne.

Résultats décevants

L’an dernier, la compagnie a annoncé qu’elle supprimerait 2000 emplois dans le but de réduire ses coûts annuels de centaines de millions de dollars. À l’époque, HBC se disait déterminée à investir dans le commerce en ligne et à élargir sa présence en Europe.

Cependant, ses performances sur ce continent ont été médiocres, et les ventes des magasins européens ouverts depuis au moins un an diminuent depuis plusieurs trimestres.

Dans l’ensemble, les ventes comparables ont diminué de 0,7 pour cent au cours du plus récent trimestre, principalement en raison d’une baisse de 6,6 pour cent chez HBC Europe, qui comprend ses bannières Galeria Kaufhof et Galeria INNO.

Les résultats sont attribuables en partie aux erreurs commises par HBC et aux tendances générales du commerce de détail dans cette région, a déclaré Mme Foulkes.

«À travers nos bannières européennes, nous avons une grande occasion d’améliorer notre assortiment de marketing et de marchandisage afin de mieux refléter les préférences de nos consommateurs», a-t-elle ajouté, ajoutant que l’entreprise s’attendait à observer l’incidence de certains changements opérés cette année.

Les actions de la société ont chuté en début de matinée, atteignant un creux de 9,29 $, ce qui représentait une baisse de 12,52 pour cent à la Bourse de Toronto. Elles ont récupéré plus tard une partie de ces pertes, pour finalement clôturer à 10,46 $, en baisse de 16 cents, soit 1,51 pour cent.

La Compagnie de la Baie d’Hudson a perdu 400 millions $ au premier trimestre clos le 5 mai, ce qui se compare à une perte de 221 millions $ pour la même période il y a un an. La perte par action s’est établie à 1,70 $, comparativement à une perte de 1,21 $ par action au même trimestre l’an dernier.

Sur une base ajustée, HBC a affiché une perte par action de 1,22 $, par rapport à une perte ajustée de 1,15 $ par action un an plus tôt.

Les analystes s’attendaient en moyenne à une perte par action de 87 cents, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Les revenus ont totalisé près de 3,09 milliards $, en hausse par rapport à près de 3,06 milliards $ il y a un an. Les résultats nord-américains ont été encourageants, a indiqué la compagnie, mais leur vigueur a été contrebalancée par la performance européenne de l’entreprise.