Québecor a procédé à un jeu de chaises musicales au sein de sa direction en confiant notamment les rênes de Vidéotron à Jean-François Pruneau.

Jeu de chaises musicales chez Québecor

Québecor a procédé à un jeu de chaises musicales au sein de sa direction et a décidé de confier les rênes de Vidéotron à Jean-François Pruneau, le chef de la direction financière du conglomérat depuis plus de huit ans.

Celui-ci prend la relève de Manon Brouillette, qui avait annoncé, en octobre, qu’elle laisserait son poste de présidente et chef de la direction de la principale filiale de l’entreprise québécoise le 31 décembre.

Arrivé au sein du conglomérat en 2001, M. Pruneau, âgé de 48 ans, a été nommé chef de la direction financière en novembre 2010, où il a joué un rôle important dans la percée effectuée par Vidéotron dans le secteur de la téléphonie sans-fil.

Au Québec, Vidéotron a rapidement été en mesure de se tailler une place aux côtés des géants comme BCE, Rogers Communications et Telus pour détenir une part de marché d’environ 16 pour cent dans la téléphonie mobile.

Les changements ont été annoncés lundi avant l’ouverture des marchés par le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qui a indiqué avoir «rarement vu un chef de la direction financière avec un sens des affaires» aussi développé que celui de M. Pruneau.

Les analystes financiers ont accueilli favorablement la nomination de M. Pruneau - qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues - à la tête de la filiale considérée comme la locomotive de Québecor.

«Au cours des deux dernières décennies, nous croyons que M. Pruneau s’est bâti une forte crédibilité auprès des investisseurs en plus d’être un élément important de la croissance de Vidéotron au cours de cette période», a estimé dans une note Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux.

L’analyste a également estimé que cette nomination réduisait «significativement» les risques de voir M. Pruneau quitter l’entreprise de façon inattendue.

Phillip Huang, de Barclays Marchés des capitaux, a abondé dans le même sens que M. McReynolds.

«Même s’il est rare de voir des directeurs financiers accéder au poste de chef de la direction dans cette industrie, M. Pruneau a été très impliqué dans les aspects névralgiques des activités de Québecor», a écrit l’analyste dans un rapport.

À la Bourse de Toronto, en mi-journée, le titre de la société se négociait à 29,71 $, en hausse de 78 cents, ou 2,7 pour cent.

En 2017, celui qui était chef de la direction financière du conglomérat avait touché une rémunération globale d’environ 2,7 millions $, dont un salaire de base de 515 000 $ et une prime annuelle d’environ 364 000 $.

Parmi les autres changements annoncés lundi par Québecor, Marc Tremblay ajoute le titre de chef de l’exploitation à ses fonctions de vice-président principal, chef des affaires juridiques et des affaires publiques.

Son nouveau mandat consistera à «seconder» le président et chef de la direction du conglomérat Pierre Karl Péladeau dans la gestion des activités de la société.

«Marc démontre une parfaite maîtrise de l’ensemble des enjeux de l’entreprise et jouera, dans ses nouvelles fonctions, un rôle encore plus important dans le développement des stratégies d’affaires et des (activités)», a souligné le patron du conglomérat.

C’est par ailleurs Hugues Simard qui remplacera M. Pruneau comme chef de la direction financière. Celui-ci avait oeuvré pendant près de 20 ans au sein de l’entreprise avant d’occuper un poste de direction chez Indigo Books & Music à Toronto de 2017 et 2018.

Au moment d’annoncer sa décision, l’automne dernier, Mme Brouillette avait évoqué des raisons personnelles. Elle compte néanmoins solliciter un siège au conseil d’administration de Québecor.