Jeremy Hunt, candidat à la succession de Theresa May, s'est engagé lundi à dépenser des milliards de livres pour atténuer l'impact d'une sortie sans accord de l'UE sur l'économie.

Jeremy Hunt promet des milliards pour atténuer l'impact d'un "no deal"

LONDRES - Jeremy Hunt, candidat à la succession de Theresa May, s'est engagé lundi à dépenser des milliards de livres pour atténuer l'impact d'une sortie sans accord de l'UE sur l'économie, mais s'est fait rappeler à l'ordre par le ministre des Finances.

Comme l'ancien maire de Londres Boris Johnson, favori dans la course pour être élu chef du Parti conservateur et accéder à Downing Street, le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt se prépare à un divorce brutal avec l'Union européenne si aucun accord n'est trouvé d'ici fin octobre, même si ce n'est pas son "scénario préféré".

Lundi, il a présenté un plan pour se préparer à cette éventualité, dont un fonds de 6 milliards de livres (6,7 milliards d'euros) destiné aux secteurs de l'agriculture et de la pêche « pour faciliter la transition hors de l'Union européenne tout en honorant nos engagements internationaux », a-t-il expliqué.

Il prévoit aussi de baisser les impôts des entreprises. Par ailleurs, il veut annuler les congés d'été dans les ministères concernés par les préparatifs du « no deal ».

Son rival Boris Johnson est de son côté prêt à emprunter pour financer des projets d'infrastructures et promet des baisses d'impôts.

Pour financer leurs projets, les deux hommes comptent se servir d'une « cagnotte » de 26 milliards de livres mise de côté par le gouvernement face à l'incertitude sur le Brexit.

Le ministre des Finances Philip Hammond a toutefois prévenu que cet argent "ne pourra servir à des dépenses additionnelles que si nous quittons (l'UE) dans le cadre d'une transition ordonnée. Si ce n'est pas le cas, il faudra tout faire pour combler le trou qu'un Brexit sans accord fera dans les finances publiques", a-t-il tweeté lundi.

En retard sur son concurrent dans les enquêtes d'opinions, Jeremy Hunt met en avant son sérieux face à Boris Johnson, accusé de légèreté par ses détracteurs, et se présente comme "le mieux placé" pour renégocier un accord de sortie.

« On ne peut pas quitter l'Union européenne en espérant un miracle. Il faut un plan», a déclaré M. Hunt lundi.

S'il est élu Premier ministre, il se laissera jusqu'au le 30 septembre pour déterminer s'il y a une « chance réaliste de conclure un nouvel accord» avec l'UE. Si ce n'est pas le cas, il « cesser(a) immédiatement toutes les discussions avec l'UE et concentrera toute l'attention du pays sur les préparatifs à une sortie sans accord ».