Il y a des motifs d’absence «classiques», comme «Mon réveil-matin m’a fait faux bond en raison d’une panne d’électricité durant la nuit.», qui, en général, provoquent peu de suspicion.

«Je vais être en retard»

Un sondage effectué au Canada auprès de 400 employés de bureau révèle que 56 % d’entre eux ont déclaré qu’ils arrivaient occasionnellement en retard au boulot.

Quatre pour cent des personnes interrogées ont confessé qu’elles se pointaient en retard au travail tous les jours !

Et les patrons, en général, ont peu de tolérance à l’endroit des retardataires.

Dans le même coup de sonde, la firme Accountemps a également pris le pouls de près de 300 dirigeants d’entreprises canadiennes.

À peine 2 % des patrons consultés ont déclaré que les retards de leurs employés ne les dérangeaient pas du tout «si la productivité n’en souffre pas» évidemment.

Pour 65 % des dirigeants, les retards occasionnels ne sont pas un problème tant qu’ils ne se transforment pas en retard récurrents.

«Les autres dirigeants interrogés nous ont dit qu’il était important que les employés arrivent à l’heure afin que leurs collègues puissent compter sur eux durant les heures de travail définies», fait remarquer Dianne Hunnam-Jones, présidente d’Accountemps au Canada.

«La ponctualité est souvent perçue comme un reflet de l’éthique de travail de l’employé. Arriver régulièrement en retard au travail peut amener vos collègues et vos supérieurs à s’interroger sur votre engagement.»

Aux États-Unis, une récente enquête indiquait que 15 % des travailleurs interrogés ont mentionné qu’ils arrivaient en retard au moins une fois par semaine.

Des bonnes et des moins bonnes excuses

Les travailleurs ne manquent pas d’imagination pour justifier à leur supérieur leur arrivée tardive au bureau ou à l’usine.

Des excuses sont plus crédibles que d’autres, suggèrent divers sites spécialisés consultés par Le Soleil.

Il y a les motifs «classiques» qui, en général, provoquent peu de suspicion. 

«J’ai été coincé dans un bouchon de circulation.»

«L’autobus est tombé en panne.»

«Mon réveil-matin m’a fait faux bond en raison d’une panne d’électricité durant la nuit.»

«Je me suis rendormi.»

«Mon chat a pris la poudre d’escampette.»

La marmaille demeure le meilleur alibi.

«Tomber malade quand il ne faut pas. Étaler des céréales sur les murs. Les enfants font les choses les plus étranges ! Les mamans et les papas disposent d’une source inépuisable d’excuses qu’ils peuvent utiliser pour arriver un peu plus tard le matin. Et leur patron comprendra. Surtout s’il a des enfants !», mentionne Dianne Hunnam-Jones.

Par contre, certaines excuses présentées par les retardataires risquent de soulever des doutes auprès des patrons et des collègues de travail.  

«Ma conjointe est partie à son bureau en emportant ses clés et les miennes.»

«Quelqu’un a renversé du café sur moi et j’ai dû retourner à la maison pour changer mes vêtements.»

«Je me suis endormi dans l’autobus et je me suis réveillé trois arrêts plus loin.»

«Je croyais qu’on était samedi.»

«Je pensais démissionner.»

«Mon chien a avalé mes clés de voiture.»

«J’ai essayé de me couper les cheveux et j’ai commis l’irréparable. Il fallait que je trouve une coiffeuse coûte que coûte.»

«J’ai passé la nuit à l’hôpital parce que des voyous m’ont infligé une raclée.»

«J’ai rêvé que je perdais mon boulot et je me suis rendormi.»

Une gestionnaire a raconté au site Internet Monster.com que l’une de ses employées les plus fiables l’avait appelée, en catastrophe, un bon matin pour lui dire qu’elle entrerait un peu plus tard un bureau, car il y avait une opération policière d’envergure dans son quartier et qu’un ordre avait été donné à tous les résidants de se barricader dans leur maison.

«Nous étions sous le choc et très inquiets pour elle. Puis, un collègue a fait une vérification de routine à partir d’une application installée sur son téléphone permettant de vérifier les allées et venues des services d’urgence pour se rendre compte que c’était le calme plat dans le quartier de notre retardataire.»

Par ailleurs, un autre patron croyait qu’un subalterne lui racontait des balivernes en lui annonçant qu’il serait un brin en retard, car il venait de sauver une portée de chatons d’une maison en feu. C’était pourtant vrai. Le patron l’a appris à la lecture du journal qui racontait l’aventure «incroyable» du héros qui avait bravé un incendie pour rescaper des petits minous appartenant à une vieille dame. 

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MOTIF DE CONGÉDIEMENT

Selon le Réseau juridique du Québec, un employeur aurait avantage à se doter d’une politique claire concernant les absences de ses salariés.

«L’adoption d’une politique de gestion des absences permet de justifier l’application d’une sanction drastique dont l’évaluation serait autrement laissée à la discrétion des décideurs», indique le portail du droit au Québec.

«Cette politique peut prévoir que le défaut d’aviser l’employeur de son absence constitue en soi un motif de sanction ou encore que toute absence répétée pour cause de maladie doit être justifiée par un certificat médical.»

En 2014, la Commission de la santé et de la sécurité du travail avait déterminé qu’une entreprise de la région de Québec était en droit de congédier un travailleur nouvellement embauché à la suite d’une seule absence.

«Comme tout problème disciplinaire, l’absentéisme fautif obéit aux règles de la gradation des sanctions», note le RJQ. 

«Ainsi, avant que les absences d’un salarié puissent constituer un motif de congédiement, encore doit-il y avoir une preuve documentaire. La fréquence et la répartition des absences, les avertissements donnés, les moyens pris afin de faire diminuer l’absentéisme, les demandes de certificats médicaux et les motifs donnés par le salarié pour justifier ses absences — à plus forte raison si ceux-ci semblent farfelus — seront pris en compte.»