Selon le sondage, 61% des Québécois croient que l'IA transformera les tâches des travailleurs.

Intelligence artificielle: les Québécois ne craignent pas pour leur emploi

MONTRÉAL — Même si une majorité de Québécois croit que l’intelligence artificielle (IA) occasionnera de nombreuses pertes d’emploi, seulement 17% estiment qu’elle pourrait leur faire perdre leur propre travail.

Cet écart marqué ressort du Baromètre CIRANO 2018, un sondage réalisé auprès de 1013 répondants du 5 au 10 avril dernier.

La coauteure de l’étude et présidente-directrice générale du CIRANO, Nathalie de Marcellis-Warin, affirme qu’il est connu que l’intelligence artificielle risque de réduire les tâches répétitives et les plus difficiles. C’est ce qui expliquerait, selon elle, le fait que les Québécois ne se sentent pas directement touchés.

Si c’est plus précisément 53% des gens sondés qui s’attendent à ce que l’IA cause de nombreuses pertes d’emploi, ils sont 61% à croire qu’elle transformera les tâches des travailleurs.

L’enquête précise que les Québécois qui se sentent les plus touchés par cet essor technologique sont les ouvriers spécialisés et les travailleurs manuels (27%). Suivent dans l’ordre les anglophones (22%), les résidants de la région métropolitaine de Montréal (21%) et les détenteurs d’un diplôme secondaire (20%).

D’après Mme de Marcellis-Warin, « le développement de l’intelligence artificielle entraînera inévitablement la redéfinition ou la suppression de certains emplois, mais il en créera aussi de nouveaux ». Celle qui est aussi professeure à Polytechnique Montréal affirme qu’« il importe donc que cette quatrième révolution industrielle soit soutenue par un effort considérable en matière de formation afin que les Québécois puissent pleinement contribuer à la société de demain ».

Les gens interrogés semblent vouloir faire partie de la solution. Selon le sondage, 61% des Québécois se disent prêts à suivre une formation pour s’adapter à ces bouleversements technologiques.