Parmi les femmes participantes à l’initiative Cheffes de file de la Caisse de dépôt et placement, on trouve Marie-Pier St-Hilaire, présidente et fondatrice d’Edgenda (AFI Expertise).

Initiative Cheffes de file: une associée de taille pour la gent féminine

Les femmes d’affaires viennent de se dénicher une associée de taille. La Caisse de dépôt et placement du Québec souhaite propulser les entreprises à propriété féminine avec son initiative les Cheffes de file.

D’entrée de jeu, oubliez les billets verts. Oui, il pourrait y avoir de l’argent injecté par l’organisation dans des compagnies pour financer des projets de croissance, mais ce n’est pas l’objectif premier.

La Caisse souhaite davantage créer une nouvelle communauté d’affaires qui regroupera une cinquantaine de dirigeantes à travers la province, et ce, tous secteurs confondus.

Elles pourront échanger sur leur expérience à partir d’une plateforme numérique et des rencontres seront aussi organisées par la Caisse avec différents experts. La société d’État leur donnera également accès à son réseau de partenaires au Canada et à l’international.

«La Caisse cherchait une façon d’apporter de la valeur ajoutée à ce qui existe déjà pour aider les femmes à devenir de meilleures entrepreneures», indique Michèle Boisvert, première vice-présidente Rayonnement des affaires à la Caisse. «On s’est rendu compte qu’on pouvait faire une différence pour les femmes qui sont déjà en affaires et qui sont dans une étape de croissance», poursuit-elle.

Critères de sélection

Pour obtenir un accès aux Cheffes de file, il faut être invité par la Caisse et répondre à certains critères. L’entrepreneure doit notamment être actionnaire d’une entreprise dont le chiffre d’affaires oscille entre 5 et 20 millions $.

Mme Boisvert estime qu’il s’agit d’un créneau où l’aide est moins présente au Québec. Elle rappelle que pour les entreprises en démarrage, plusieurs organisations offrent déjà un support, comme Femmessor ou le Réseau des femmes d’affaires du Québec.

«Lorsque nous avons rencontré des femmes, nous leur avons demandé leurs besoins et ce n’était pas du financement», affirme au Soleil Mme Boisvert. «Elles veulent avoir accès à du contenu qui va leur permettre de franchir une autre étape dans leur compagnie. […] Elles voulaient quelque chose de flexible. Elles n’ont pas le temps d’aller à des cocktails ou à des formations qui prennent une heure par soir chaque semaine», ajoute-t-elle, estimant que le Québec gagnerait à avoir davantage de femmes à la tête d’entreprises. «La diversité, c’est très payant!»

D’ailleurs, elle soutient que la province est sur la bonne voie. Selon elle, aujourd’hui, autant de femmes que d’hommes se lancent en affaires. Ce qui n’était pas le cas avant.

Parmi les femmes participantes aux Cheffes de file, on trouve Marie-Pier St-Hilaire, présidente et fondatrice d’Edgenda (AFI Expertise), entreprise de formation et de service-conseil spécialisée en transformation organisationnelle et en gestion des savoirs.


« Lorsque nous avons rencontré des femmes, nous leur avons demandé leurs besoins et ce n’était pas du financement »
Michèle Boisvert, première vice-présidente Rayonnement des affaires à la Caisse de dépôt et placement

Basée à Québec, cette compagnie figure au 198e rang du palmarès des 300 plus grandes PME du Québec du journal Les Affaires. Selon Mme St-Hilaire, ce nouvel outil de la Caisse épaulera les femmes durant le développement de leur entreprise, notamment en les alimentant en contenu et en leur permettant de bonifier leur réseau de contacts. Il permettra aussi de mettre en lien plusieurs dirigeantes qui font souvent face à des enjeux communs.

«Il y a une grande difficulté de croître pour les entrepreneures au Québec. Non pas par manque d’opportunités ou d’intérêt, mais plutôt car le maillage au féminin est très difficile», souligne Mme St-Hilaire. «Pourtant, on sait que les entreprises gérées par des femmes sont souvent très rentables et sont capables d’avoir une croissance continue. Elles sont importantes dans le tissu québécois.»

Mme St-Hilaire est aujourd’hui à la tête de 160 travailleurs. L’entreprise, qui possède des bureaux à Québec et à Montréal, aura éventuellement un pied-à-terre du côté d’Ottawa.

L’an dernier, la direction s’était donné comme objectif de doubler son chiffre d’affaires en trois ans pour franchir le cap des 40 millions $. La croissance devrait principalement se faire à travers le Canada.

«On vise avec le programme de la Caisse des entreprises entre 5 et 20 millions $ de chiffre d’affaires. C’est une étape très difficile pour une compagnie. C’est plus facile de faire une start-up. Lorsqu’on arrive dans une structure et dans une stratégie de croissance, les femmes ont besoin d’aide. Elles ne voient pas la business de la même manière que les hommes et elles ne travaillent pas leur réseau de contacts de la même façon», conclut-elle.