Le Bureau de l’immobilier d’Ottawa (OREB) dit notamment avoir observé une tendance migratoire vers les zones plus rurales au cours des derniers mois.
Le Bureau de l’immobilier d’Ottawa (OREB) dit notamment avoir observé une tendance migratoire vers les zones plus rurales au cours des derniers mois.

Immobilier: la ruée vers l’Est ontarien

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Le marché immobilier de l’Est ontarien est de plus en plus prisé par les acheteurs de la ville à la recherche d’un peu plus de quiétude. La pandémie de la COVID-19 a réveillé en plusieurs ce désir des grands espaces et du mode de vie rural.

« Ça fait plusieurs semaines qu’on reçoit énormément de demandes pour des fermes récréatives dans l’Est ontarien », a constaté Isabel Brisson Wathier, courtière immobilière œuvrant majoritairement dans les Comtés unis de Prescott et Russell. « Les gens n’en peuvent plus. Souvent, ce sont des gens qui demeurent en banlieue qui se disent qu’ils ont besoin de respirer. » Selon elle, la COVID-19 a instauré un retour aux sources chez plusieurs acheteurs qui veulent s’éloigner de la frénésie urbaine. « Tout le monde veut avoir leurs petites chèvres, leurs petites poules, manger mieux, les gens ont commencé à s’entraîner. Ça pousse les gens de la ville à s’en venir chez nous. »

Le Bureau de l’immobilier d’Ottawa (OREB) dit avoir également observé une tendance migratoire vers les zones plus rurales au cours des derniers mois. « On s’adapte tous au télétravail. Tu veux plus de place pour travailler, tu veux plus d’espace pour que les enfants jouent, tu as besoin d’un autre bureau pour les deux parents qui travaillent de la maison. Si tu peux travailler de la maison, est-ce qu’habiter en ville est la meilleure option ? », souligne la présidente du OREB, Deborah Burgoyne. « Tu en as plus pour ton argent [en région rurale], tu peux aimer davantage le style de vie. Je crois que les familles ont été un peu restreintes en ville au cours des cinq, six derniers mois. »

Puisqu’il s’agit d’un phénomène relativement récent, l’OREB ajoute cependant qu’il faudra encore attendre quelques mois avant de pouvoir corroborer les observations avec des statistiques concrètes.


« Juste au mois de juillet, 63 % des vendeurs ont reçu plusieurs offres sur leur propriété. Ça, c’est des bonnes nouvelles. »
Isabel Brisson Wathier

Le marché reprend du poil de la bête

Les premiers mois de la pandémie ont été difficiles pour le marché immobilier, comme plusieurs autres secteurs de l’économie. Mais ce retard a été rapidement rattrapé dans les dernières semaines, provoquant une sorte de boom dans ce marché. Selon le OREB, 2189 propriétés résidentielles ont été vendues au mois de juillet dernier dans le marché d’Ottawa et de ses environs, comparativement à 1838 propriétés en juillet 2019. Il s’agit d’une hausse de 19 %. « Le marché d’Ottawa est habituellement beaucoup plus prévisible », constate Mme Brisson Wathier. « Juste au mois de juillet, 63 % des vendeurs ont reçu plusieurs offres sur leur propriété. Ça, c’est des bonnes nouvelles. »

Selon la courtière, le confinement a permis à plusieurs vendeurs de mettre les bouchées doubles pour remettre leur maison au goût du jour, facilitant les ventes. « Pendant la pandémie, les gens se sont mis à peindre, à prendre soin de leur propriété. Et on dirait pendant le déconfinement, ils ont eu la chance d’aller visiter. Ils se sont vus dans ces propriétés-là et se sont dit “’pourquoi ne pas s’essayer ?”’. »

D’ailleurs, dans l’Est ontarien, les municipalités les plus prisées sont Hawkesbury, L’Orignal, Limoges, Embrun et Casselman, ajoute Mme Brisson Wathier. « Le marché a vraiment repris. Et ce n’est pas près de s’arrêter. »