Le propriétaire d’un établissement de restauration rapide de Longueuil vient d’être condamné par le Tribunal des droits de la personne à verser 26 000 $ à une ancienne serveuse pour des gestes et des propos à caractère sexuel qu’il avait tenus à son endroit.

Harcèlement sexuel au travail: le Tribunal ordonne de verser 26 000$

MONTRÉAL - Le propriétaire d’un établissement de restauration rapide de Longueuil vient d’être condamné par le Tribunal des droits de la personne à verser 26 000 $ à une ancienne serveuse pour des gestes et des propos à caractère sexuel qu’il avait tenus à son endroit.

La jeune femme avait 18 ans au début de son emploi, en 2011.

Selon la preuve entendue par le Tribunal, son patron lui aurait mentionné à plusieurs reprises qu’elle était «belle et sexy», que si elle voulait avoir une augmentation de salaire, elle savait ce qu’elle avait à faire pour l’obtenir. Il lui avait aussi proposé plusieurs fois d’aller se promener en limousine à 1000 $, alcool fourni. Il lui aurait aussi frôlé les seins en lui montrant comment couper les légumes. Il lui aurait demandé pourquoi son amoureux pouvait faire l’amour avec elle et lui pas.

Une employée d’un autre commerce à proximité a témoigné devant le Tribunal du fait qu’elle avait constaté que les interactions entre le patron et la jeune femme étaient empreintes de sous-entendus sexuels, ce qui causait un malaise. Elle-même avait reçu la même invitation à faire une promenade en limousine. Elle a aussi vu le patron fixer clairement les fesses de la jeune serveuse pendant qu’elle nettoyait le four.

Devant le Tribunal, le propriétaire du restaurant n’a pas nié avoir tenu certains propos à connotation sexuelle que la jeune femme lui avait attribués, mais il avait prétendu qu’il voulait simplement avoir l’air cool, qu’il avait un «syndrome de Don Juan», qu’il était extraverti. Et il avait aussi attribué en partie son attitude à une consommation de cocaïne et assurait qu’il avait maintenant changé.

Le Tribunal a aussi eu accès à des propos qu’il lui a tenus sur Facebook en 2012.

Le Tribunal conclut que la jeune femme «a été victime de harcèlement sexuel en milieu de travail», que son patron «l’a touchée de façon inappropriée et lui a tenu des propos inconvenants à répétition».

La jeune femme avait témoigné du fait qu’elle avait ressenti de la répulsion et du découragement face à ce que son patron lui avait fait vivre. Elle avait rapporté avoir été déprimée durant les six mois qui avaient suivi son congédiement, au point de rester couchée et de ne plus vouloir rien faire. Elle n’avait pu consulter de psychologue, faute de moyens, mais avait appelé une ligne d’aide téléphonique.

C’est son père, à qui elle s’était confiée, qui lui avait fait comprendre que ce qu’elle avait subi n’était pas normal. Elle avait d’abord adressé une mise en demeure à son patron, puis avait porté plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a porté sa cause devant le Tribunal des droits de la personne.

Finalement, le Tribunal lui accorde 20 000 $ à titre d’indemnité pour la discrimination et le harcèlement sexuel subis, de même que 6000 $ à titre de dommages punitifs pour démontrer «le niveau de réprobation sociale face aux gestes posés».