Cinq municipalités du Québec profiteront du projet-pilote de guichets indépendants, soit les municipalités de Kamouraska, de Ripon, de Notre-Dame-de-la-Salette, de Plaisance et de Saint-Roch-des-Aulnaies.

Guichets indépendants en région: des frais jusqu’à 2,50$ par transaction

L’installation des nouveaux guichets indépendants dans les régions, visant à pallier la fermeture des guichets et des points de service du Mouvement Desjardins, aura un coût pour les consommateurs. Entre 1,50 $ et 2,50 $ par transaction.

En avril dernier, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et Desjardins avaient annoncé la signature d’une entente pour mettre sur pied un projet-pilote pour conserver un service de guichets dans certaines régions du Québec.  

Depuis 2012, rappelons que le Mouvement a coupé de près de 20 % son parc de guichets automatiques et son nombre de points de service. La coopérative a même été convoquée à participer ce printemps à la commission parlementaire sur l’aménagement du territoire pour expliquer sa stratégie d’affaires.

Vendredi, après des semaines de discussions, la FQM dévoilera le premier projet-pilote de guichet indépendant à Saint-Roch-des-Aulnaies, dans Chaudière-Appalaches.

«Pour la première année, cela ne nous coûtera rien et nous allons analyser le projet. Après 12 mois, nous allons voir si c’est pertinent de maintenir le guichet», indique au Soleil le maire, André Simard. «Des services de proximité, c’est important pour les milieux moins denses», poursuit-il.

Les frais de base pour l’utilisation de la machine ont été fixés par la FQM à 0,50 $. Ce montant aboutira dans ses coffres et servira notamment à payer les frais de location et d’entretien. Si le guichet n’est pas rentable, c’est Desjardins qui assumera le déficit pour la première année du projet-pilote.

Au 0,50 $, le consommateur devra ajouter les frais de transaction de son institution bancaire.

Chez Desjardins, lorsqu’un membre souhaite retirer de l’argent dans un guichet autre que celui de la coopérative, il doit débourser 1,50 $ par transaction. Ce montant est similaire chez RBC, la Banque Nationale et la Banque Laurentienne. Chez BMO et CIBC, les frais sont de 2 $. Chez  Tangerine, la facture est de 1 $. Ces montants s’ajouteront aux frais de base mensuels du compte, s’il y en a.

Au total, cinq communautés dans les régions de la Chaudière-Appalaches et de Kamouraska et dans l’Outaouais profiteront du projet-pilote, soit les municipalités de Kamouraska, de Ripon, de Notre-Dame-de-la-Salette, de Plaisance et de Saint-Roch-des-Aulnaies.

«Les citoyens vont pouvoir seulement retirer de l’argent», précise Denis Légaré, maire de Notre-Dame-de-la-Salette.


« Nous allons être responsables des guichets durant le projet-pilote. Ensuite, nous allons les céder à la municipalité »
Jacques Demers, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et président de la Fédération québécoise des municipalités

Un service d’aide aux citoyens sera toutefois mis sur pied dans un local municipal afin d’aider  les gens à mieux maîtriser les autres outils transactionnels de Desjardins. Il y sera également possible de faire des dépôts par chèque.

«Il n’y a pas Internet partout», note M. Légaré. «Les gens vont pouvoir profiter d’un ordinateur, comme dans un kiosque avec le système Desjardins», ajoute-t-il.

D’autres municipalités?

Du côté de la FQM, le président souligne que d’autres municipalités pourraient s’ajouter à l’aventure au cours des prochains mois. Il tient aussi à préciser que certains contrats dans le cadre du projet-pilote ne sont pas encore complètement finalisés.

«Nous allons être responsables des guichets durant le projet-pilote. Ensuite, nous allons les céder à la municipalité», explique celui qui est maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, Jacques Demers. «Nous installons ces guichets à des endroits où nous croyons qu’ils seront rentables, mais nous n’avons pas encore vraiment d’idée du volume de transactions», poursuit-il.

Selon M. Demers, le Mouvement Desjardins semblerait ouvert à l’idée d’ajouter dans le projet-pilote d’autres municipalités qui perdraient au cours des prochains mois leurs guichets automatiques ou leurs points de service. «S’il y a une demande, il pourrait y en avoir d’autres. Pour le moment, les guichets indépendants semblent répondre aux besoins des citoyens», conclut-il.