Une grève surprise a été déclenchée dimanche matin par le syndicat des employés de la SAQ.

Grève surprise à la SAQ

MONTRÉAL — Le syndicat des 5500 employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec a déclenché une grève «surprise » dimanche matin.

Les activités des quelque 400 succursales de la SAQ ont donc été perturbées par cette troisième journée de débrayage depuis la mi-juillet. En réaction, la direction de la SAQ a annoncé qu’elle maintenait une soixantaine de succursales ouvertes.

Les travailleurs ont également prévu une autre grève d’une journée lundi. Ce qui veut dire que le syndicat aura encore deux jours de grève disponibles dans son mandat obtenu auprès des travailleurs.

Le communiqué de presse publié par la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP), qui représente le personnel de la SAQ, soutient que les employés sont « exaspérés devant le refus de bouger de leur employeur ».

Des activités de piquetage et de distribution de tracts étaient aussi prévues dans le cadre de la journée de grève surprise.

« L’effet de surprise, c’est pour l’employeur. Comme c’est juste deux jours, on s’imagine que les consommateurs sont capables d’encourager les microbrasseries et les producteurs de vin locaux qui vendent à leur vignoble », a commenté la présidente du syndicat Katia Lelièvre.

Selon Mme Lelièvre, la stratégie n’est pas de viser des journées payantes pour la SAQ en ciblant le dimanche et le lundi, mais plutôt de déranger les cadres en congé.

« Comme on revendique beaucoup la conciliation travail-famille, on veut leur montrer ce que ça fait de ne pas avoir de congé parce que c’est ce que la majorité de nos employés vivent », explique-t-elle.

Lors du précédent arrêt de travail à la fin août, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré ne pas vouloir se mêler de la négociation à la SAQ, même si le syndicat considère que le premier ministre est le « véritable patron » de la société d’État. M. Couillard a réfuté cet argument, rappelant que la SAQ est gérée par un conseil d’administration autonome.

« On n’a pas le droit d’interpeller le gouvernement pendant la campagne électorale, mais j’invite quand même M. Couillard à lire les lois. Dans la loi, c’est le Conseil du Trésor qui donne les règles à la SAQ et c’est lui qui doit approuver l’entente qu’on va signer », a lancé Mme Lelièvre à l’intention du premier ministre sortant.

Les deux parties devraient retourner à la table de négociation mardi. Le syndicat déplore cependant la rigidité de la position patronale soutenant que « le cadre dans lequel la SAQ veut négocier est trop serré ».

La convention collective est échue depuis près de 21 mois.

Dans un communiqué de presse publié en réaction à la grève déclenchée dimanche, la SAQ affirme avoir retiré sa demande de transformer une centaine de postes vacants en quarts de deux jours de fin de semaine.

La société d’État dit aussi avoir soumis de nouvelles propositions concernant la conciliation travail-famille et la précarité d’emploi.

Selon l’employeur, le litige concerne présentement les augmentations salariales.