De passage à Toronto, mardi après-midi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a prévenu qu’il n’est pas prêt à intervenir dans le dossier.

Grève au Canadien Pacifique: les négos se poursuivent; Trudeau patiente

MONTRÉAL - Les négociations se poursuivaient toujours, mardi, entre le Canadien Pacifique et deux de ses syndicats représentant 3360 employés, à quelques heures du déclenchement d’une grève générale illimitée à compter de 22h.

La Conférence ferroviaire de Teamsters Canada représente 3000 chefs de train et mécaniciens dans l’ensemble du pays et le Conseil de réseau no.11 de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité représente 360 agents d’entretien de la signalisation, qui s’occupent notamment des passages à niveau.

Les deux syndicats ont transmis leur préavis de grève au Canadien Pacifique, le week-end dernier, pour mardi soir 22h.

Trudeau pas prêt à intervenir

De passage à Toronto, mardi après-midi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a prévenu qu’il n’est pas prêt à intervenir dans le dossier. Il tient au contraire à laisser toutes les chances aux parties de négocier une entente.

Dans le passé, le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait été prompt à déposer une loi spéciale, à cause des répercussions économiques d’une grève touchant le transport ferroviaire au pays.

M. Trudeau a prévenu que ce ne serait «pas nécessairement une bonne chose» si le gouvernement devait intervenir et que s’il le faisait, il verrait à s’intéresser aux demandes des deux parties, et non pas seulement d’une seule. Une grève dans le transport ferroviaire ne doit pas être évaluée seulement quant à ses répercussions économiques, a-t-il mentionné, mais aussi quant à la sécurité ferroviaire, par exemple.

Négos

Les négociations avaient repris entre les parties après que le rejet de l’offre patronale eut été annoncé, vendredi dernier. Et ces discussions sont soutenues depuis, avec l’aide de médiateurs fédéraux nommés par la ministre du Travail, Patricia Hajdu.

La Fraternité internationale des ouvriers en électricité a négocié jusqu’à 3h dans la nuit de lundi à mardi et elle devait reprendre les négociations dans la journée de mardi avec la direction du Canadien Pacifique. Des progrès ont même été marqués, a confié en entrevue Luc Couture, représentant international du syndicat. «Ça a avancé», a-t-il indiqué, peu avant de retourner à la table de négociation en après-midi.

Du côté du syndicat des Teamsters, les négociations avaient encore cours mardi matin et devaient se poursuivre durant la journée. C’est le «statu quo pour l’instant», a fait savoir Christopher Monette, directeur des affaires publiques pour Teamsters Canada.

Si grève il y a

Les deux représentants ont affirmé que leur syndicat respectif demeurerait à la table de négociation même si la grève était effectivement déclenchée à 22h.

S’il y avait débrayage, les trains de passagers ne seraient pas affectés, ni à Montréal, ni à Vancouver, ni à Toronto. Les syndiqués des Teamsters qui travaillent à bord des trains sont en fait employés par Bombardier Transport et ne seraient donc pas en grève. Et le Canadien Pacifique a déjà indiqué aux agences de transport concernées que des cadres assureraient l’entretien de la signalisation aux passages à niveau - une tâche effectuée par l’autre syndicat concerné par cette négociation, la Fraternité des ouvriers en électricité.

La direction du Canadien Pacifique a déjà fait savoir qu’elle poursuivait les négociations «dans l’espoir de conclure des ententes qui servent l’intérêt de l’ensemble de l’entreprise, y compris ses clients, ses actionnaires et, de façon plus générale, l’économie nord-américaine».

Mais le transporteur ferroviaire a tout de même commencé à mettre en oeuvre son plan d’urgence en cas d’arrêt de travail.

Ce sont donc les trains de marchandises, de céréales et de matières premières qui seraient touchés - ce qui peut avoir d’importantes répercussions si la grève devait durer, à cause des délais dans les livraisons notamment.

Les principaux points en litige sont le fardeau de tâches, qui cause des problèmes de santé et de sécurité, selon le syndicat des Teamsters, de même que le climat de travail et les salaires. Pas moins de 8000 griefs ont été déposés par le seul syndicat des Teamsters, qui a pourtant 3000 membres.