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Mme Christiane Germain, copropriétaire de Germain Hôtels.
Mme Christiane Germain, copropriétaire de Germain Hôtels.

Germain Hôtels: un espoir de reprise à l’été

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Les derniers mois ont été catastrophiques dans le secteur de l’hôtellerie. Mais la vaccination a ravivé les espoirs d’un retour prochain à un semblant de vie normale. Comme tous ses pairs dans le secteur de l’hôtellerie, Mme Christiane Germain a espoir que le tourisme domestique pourra reprendre à temps pour le début de l’été. Mais alors que la troisième vague de la COVID fait toujours rage, un nouvel écueil se pointe: le manque de main-d’œuvre.

«On espère toujours que l’été qui s’en vient donnera lieu à une petite recrudescence au niveau de l’achalandage dans nos établissements», a expliqué la copropriétaire de Germain Hôtels. «Ça serait le fun que la vaccination se passe bien et que l’on ait un peu plus de monde dans nos établissements, parce que ça fait plus d’un an que notre industrie survit. Si tout fonctionne comme le veut bien notre premier ministre, tout le monde qui veut être vacciné le sera le 24 juin. On pense que ça pourrait permettre aux gens d’avoir un petit peu plus confiance pour reprendre leurs activités et faire en sorte que nos affaires redémarrent. Un départ qui ne sera pas fulgurant, mais qui devrait nous permettre de sentir du mouvement vers le haut.

«C’est pour cette raison que nous nous préparons à avoir un petit peu de travail cet été et que nous cherchons à recruter du personnel. Mais c’est très difficile. Il y a des gens qui étaient dans le domaine de l’hôtellerie et qui ont changé de secteur parce qu’ils étaient inquiets. Ils se demandaient si l’industrie allait survivre à la pandémie.»

Mme Germain a dit comprendre ces gens qui sont allés travailler dans un autre domaine. «Mais quand on a la passion de l’hôtellerie et la passion de travailler avec le public, notre secteur demeure un très beau domaine. On vit une période difficile, mais je crois que notre industrie va redémarrer. Ça va être graduel, probablement pas du jour au lendemain, mais je crois sincèrement qu’elle va retrouver son erre d’aller.»

Mme Germain a rappelé que le problème du manque de main-d’œuvre dans le domaine de l’hôtellerie avait commencé bien avant le début de la pandémie. Elle a ajouté que la crise sanitaire n’avait fait que l’accentuer à un niveau incroyable, même pour les établissements qui réussissaient à combler une partie de leurs besoins en personnel en engageant des personnes venant de l’extérieur du pays. Ils doivent maintenant composer avec des délais interminables au niveau de l’immigration.


« Nous sommes présentement et recrutement et c’est un peu difficile. Il faut travailler fort pour aller chercher des gens »
Christiane Germain


La copropriétaire de Germain Hôtels a indiqué qu’outre le défi de trouver de la main-d’œuvre, rien de majeur ne pourrait empêcher le secteur de l’hôtellerie d’accueillir sa clientèle cet été. Selon elle, une majorité de gens va avoir le goût de se changer les idées, de profiter de la vie et de voyager au lendemain de la crise.

«Il y aura toujours une catégorie de personnes plus anxieuses. C’est normal. Mais de façon générale les gens vont avoir le goût de se faire plaisir et de vivre de belles expériences. Ils vont y aller prudemment. Parce que je suis certaine que l’on va continuer à avoir des règles pendant un petit bout de temps pour que nos assises sanitaires soient très bonnes. Mais je pense que les gens vont vouloir profiter de bons moments. On le voit. À la minute où il y a une petite lumière, les gens sortent. Les restaurants ont rouvert à Québec en mars et ils se sont remplis rapidement. Les gens avaient besoin de ça. Quand ils en ont la possibilité, les gens sortent et ils dépensent. Ils ont le goût de se faire plaisir.»

Une année très difficile

L’année 2020 a été des plus difficile dans le secteur de l’hôtellerie. Car contrairement à certains autres, il n’a jamais vraiment pu profiter des embellies résultant de l’essoufflement de la pandémie et de l’allègement des mesures sanitaires, et ce, même si dans certaines régions, il a bénéficié d’un petit relent l’été dernier.

«À ce moment-là, les gens ont voyagé un peu. Alors il y a certaines régions qui ont été un petit plus occupées. Mais dans notre cas à nous, ce n’était pas assez pour avoir la tête en dehors de l’eau.»

À quel point la crise a-t-elle fait mal au milieu de l’hôtellerie en 2020? Chez Germain Hôtels, le taux moyen d’occupation a été de 10 %. Car, même si certaines périodes, comme les fins de semaines qui ont été un peu plus occupées grâce à la mise en place de promotions spéciales comme le forfait foodie où les gens pouvaient se gâter en profitant d’un forfait gastronomique livré aux chambres, il n’en demeure pas moins que la grande majorité du temps, la clientèle se faisait très rare, et ce, même si des initiatives ont été mises de l’avant pour offrir aux personnes en télétravail des espaces sécuritaires. Les établissements de Germain Hôtels qui offraient ces forfaits ont reçu occasionnellement de ces travailleurs, mais somme toute, l’initiative n’a pas connu un gros succès.

Ayant des hôtels à la grandeur du pays, Germain Hôtels a aussi dû composer avec des règles sanitaires qui ont constamment varié d’une province à l’autre. Mais malgré les apparences, le fait de devoir répondre à toutes ces mesures différentes n’a pas constitué un réel casse-tête pour les dirigeants de l’entreprise qui a des établissements dans sept provinces.

«Si ça avait été juste ça, ça n’aurait pas été bien grave», a d’abord lancé la femme d’affaires. «C’est sûr que toutes règles différentes ajoutaient à la complexité de la situation. Toutes les provinces géraient à peu près les mêmes règles sanitaires. Tout le monde a essentiellement réagi de la même manière sauf que le temps de réaction n’a pas été le même dépendamment des provinces. Il arrivait que d’une province à l’autre, nous devions composer avec les mêmes mesures, mais qu’elles arrivaient plus tard. Alors dépendant de l’évolution de la pandémie, il y avait toujours un petit plus ou un petit peu moins de décalage dans l’imposition de mesures sanitaires.»

Selon Mme Germain, c’est la décision des provinces de l’Atlantique de faire une bulle très tôt au début de la crise et de la garder qui a fait le plus mal à son entreprise. Si elle avait été ouverte à la fin de la première vague, ses établissements de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve auraient sûrement été un peu plus achalandés l’été dernier puisqu’ils constituaient de belles destinations de vacances.