La SCHL prévoit une diminution des mises en chantier à Gatineau au cours des deux prochaines années.

Gatineau et Ottawa s’en tirent bien

La croissance soutenue à la fois de l’emploi et de la population a permis à Ottawa et Gatineau de bien tirer leur épingle du jeu au chapitre des mises en chantier en 2018, selon les statistiques publiées mercredi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Du côté québécois de la rivière, 1929 fondations ont été coulées l’an dernier, une légère augmentation de 3 % par rapport à 2017. Même si le segment des logements locatifs compte pour près de la moitié des unités mises en chantier (46%), l’agence fédérale souligne que c’est le segment des copropriétés qui a contribué à cette autre hausse dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Gatineau.

« Ce qui soutient une telle croissance, c’est l’emploi, même s’il n’a pas eu la même vigueur qu’en 2017. Chez les 25-44 ans, il y a eu croissance de l’emploi et c’est la tranche d’âge où on fait souvent l’achat d’une première maison. Ç’a des répercussions sur le marché de l’habitation. On le voit aussi sur le marché de la revente », explique Lukas Jasmin-Tucci, analyste principal à la SCHL, précisant que le tout a favorisé la diminution du stock d’unités invendues.

Sur la rive gatinoise, le nombre de mises en chantier de maisons unifamiliales est stable et on anticipe une tendance à la baisse à long terme. « La demande est moins forte pour ce type d’habitation et il y a également des restrictions pour la densité, le nombre de terrains où construire », ajoute M. Jasmin-Tucci. L’analyste de la SCHL prévoit que les mises en chantier reculeront quelque peu en 2019 dans la RMR de Gatineau.

« On sort de trois années d’affilée de croissance et on anticipe maintenant une légère diminution, probablement au cours des deux prochaines années. Déjà, il y a un ralentissement de l’emploi et si les taux d’intérêt continuent d’augmenter, ce sera plus coûteux pour les promoteurs de construire », de dire l’analyste.

Dans la RMR d’Ottawa, le nombre de mises en chantier est demeuré relativement stable en 2018, en comparaison avec l’année précédente, malgré un bond notable pour les maisons individuelles (19 %), par exemple. La SCHL explique que « la croissance globale des mises en chantier a été limitée en raison d’une baisse importante du nombre de mises en chantier d’appartements en copropriété. »

À l’échelle du pays, la cadence annuelle des mises en chantier d’habitations a ralenti le mois dernier, a indiqué la SCHL. Le taux annuel désaisonnalisé des mises en chantier au Canada s’est établi à 213 419 unités en décembre, en baisse par rapport à 224 349 unités en novembre. Les économistes s’attendaient en moyenne à un taux annuel de 205 000, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Avec La Presse canadienne