Les SUN prévoient écouler leurs marchandises dans quelques supermarchés de Gatineau, notamment certains IGA qui se sont montrés très intéressés, des boutiques spécialisées et le Marché de l’Outaouais.
Les SUN prévoient écouler leurs marchandises dans quelques supermarchés de Gatineau, notamment certains IGA qui se sont montrés très intéressés, des boutiques spécialisées et le Marché de l’Outaouais.

Fruits, légumes et poissons frais produits en pleine ville à Gatineau

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
D’ici environ un an, des tonnes de fruits, de légumes et de poisson produits et transformés directement dans le Vieux-Gatineau viendront garnir les étagères des épiciers locaux. Les Serres urbaines Notre-Dame (SUN) et leur partenaire BBL Construction préparent activement la construction d’un vaste complexe aquaponique de plus de 20 000 pi2 évalué à près de 10 millions $, tout au bout de la rue Main, sur un terrain offert par la compagnie Résolu.

Les SUN travaillent sur ce projet depuis plus de trois ans. Près d’une centaine de bénévoles se sont retrouvés sur le site, il y a un an, pour dépaver près de 4000 pi2 afin d’y aménager des jardins extérieurs. Des dizaines de plantes et arbuste 100 % comestibles ont été plantés. L’entreprise d’économie sociale est prête à passer à la prochaine étape.

« On a beaucoup travaillé à la planification de notre installation aquaponique, explique le directeur des SUN, Ignacio Zarate. Le défi d’un tel complexe est d’organiser l’espace pour que toutes les activités de production soient rentabilisées. Le bâtiment hébergera les installations pour la culture du poisson et une salle de production horticole verticale. Une serre traditionnelle de 6000 pi2 sera construite sur le toit du bâtiment. »

Le concept de l’aquaponie qu’utiliseront les SUN consiste à unifier la culture maraîchère à celle des poissons. L’eau des poissons, riche en nutriments, nourrit les plantes, les plantes filtrent l’eau pour les poissons et les poissons sont nourris avec une alimentation naturelle.


« Une serre traditionnelle de 6000 pi2 sera construite sur le toit du bâtiment. »
Ignacio Zarate, directeur des SUN

Deux salles de transformation alimentaire seront aussi aménagées. La première sera consacrée à la préparation du poisson et abritera un fumoir. La deuxième servira à la transformation de produits horticoles frais. « On aura des pestos, des sauces et des vinaigrettes, énumère M. Zarate. On va aussi tenter de se démarquer dans la production spécialisée de piments forts. On pourra avoir des sauces piquantes bien locales. »

Les SUN ont officiellement déposé leur projet de construction à la Ville de Gatineau il y a deux semaines. Les prochaines étapes sont l’analyse par les services municipaux, la recommandation du comité consultatif d’urbanisme et finalement l’approbation du conseil municipal. M. Zarate espère pouvoir procéder à la première pelletée de terre en juin 2021. « Il faut prévoir entre cinq et sept mois de travaux, dit-il. La production pourrait commencer à la fin de l’année. »

Investisseurs

Les investisseurs sont au rendez-vous, note M. Zarate. L’entreprise permettra la création de 30 emplois. La Fiducie du Chantier de l’économie sociale, Investissement Québec, Desjardins Entreprises, la Banque de développement du Canada, démontrent tous un véritable intérêt, mentionne M. Zarate. « La COVID-19 a beaucoup accéléré la réflexion de la société sur l’importance de l’approvisionnement local, la souveraineté alimentaire et les circuits courts de distribution, note M. Zarate. Nous, ça fait plus de trois ans qu’on y réfléchit. Notre projet était déjà très pertinent. Il l’est encore plus aujourd’hui. »

Les SUN prévoient écouler leurs marchandises dans quelques supermarchés de Gatineau, notamment certains IGA qui se sont montrés très intéressés, des boutiques spécialisées et le Marché de l’Outaouais. Annuellement, ce sont 35 tonnes de poissons frais, de la truite arc-en-ciel, ainsi que 64 tonnes de fruits, légumes, verdure et fines herbes qui sortiront du complexe de la rue Main. Une vingtaine de tonnes de sauces préparées viendront compléter la production. « Il y aura moyen de se faire des repas au complet avec ce qui sera produit chez nous », précise fièrement M. Zarate.

La distribution demeurera un défi, note le directeur des SUN. « C’est encore plus vrai localement, dit-il. Il y a une très grande opportunité à saisir dans la région dans le domaine de la distribution. Il serait vraiment très pertinent d’avoir une réflexion pour trouver une façon d’améliorer la distribution de nos produits locaux sur notre propre territoire. »

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