Le Cinéma 9 a annoncé plus tôt cette semaine sa fermeture temporaire jusqu’en décembre. Il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour les commerçants voisins comme Benoit Desjardins, propriétaire du Pizzédélic.
Le Cinéma 9 a annoncé plus tôt cette semaine sa fermeture temporaire jusqu’en décembre. Il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour les commerçants voisins comme Benoit Desjardins, propriétaire du Pizzédélic.

Fermeture du Cinéma 9: des impacts sur des commerces voisins

La fermeture temporaire du Cinéma 9 jusqu’en décembre est tout sauf une bonne nouvelle pour les restaurateurs des environs, qui ne cachent pas qu’une part de leur clientèle était des cinéphiles. Déjà confrontés aux effets pervers de la pandémie, ils comptent par contre ne pas se laisser abattre.

Propriétaire du restaurant Pizzédélic, directement voisin du cinéma dans le même immeuble depuis 1997, Benoit Desjardins accueille la décision avec déception, même s’il dit la comprendre.

« Il n’y a pas de nouveautés dans les films et pas d’achalandage, on s’en aperçoit juste avec le nombre de voitures dans le stationnement. Cette fermeture aura des impacts directs, c’est sûr. À la fois le cinéma et la Maison de la culture (qui n’a toujours pas rouvert) m’amenaient beaucoup de gens. Je dirais que ça doit représenter facilement entre 20 et 30 % de mon chiffre d’affaires. On a toujours géré notre publicité, notre menu en prévision des spectacles, des films. On a toujours roulé comme ça. Et depuis 23 ans, on est quand même un success-story, car des restaurants encore ouverts après autant de temps, avec un propriétaire unique, il n’y en a pas 50 à Gatineau », lance-t-il.

L’homme d’affaires avoue que la clé dans la porte du Cinéma 9 risque de faire mal à certains égards.

« C’est certain qu’on se rendait compte dans les dernières années que le cinéma n’était plus ce qu’il était (en termes d’achalandage), sauf que si vous faisiez le tour des restos le mardi soir, jour des rabais pour aller voir un film, c’était assez vide ailleurs alors que c’était assez plein ici. On va devoir ajuster nos choses, c’est clair qu’il y aura un impact. Avec la COVID, c’est sûr que ça décourage, on n’a pas envie de vivre ça, mais on va se retrousser les manches. On va attaquer de plein fouet et on sera capables de se relever. L’achalandage est en train de reprendre, il y a un regain d’énergie ces dernières semaines », affirme M. Desjardins.

Par ailleurs, celui qui décrit le Cinéma 9 comme « une institution dans la région » précise que les deux semaines des vacances estivales de la construction, qui sont justement en cours, se sont toujours avérées une période occupée au restaurant puisque de nombreux films populaires faisaient leur sortie sur grand écran. Qui plus est, « sa plus grosse semaine de l’année » au chapitre des ventes était lors du Festival du film de l’Outaouais.

« Je croise mes doigts pour que ça rouvre », s’exclame-t-il. 

Le Cinéma 9 a annoncé plus tôt cette semaine sa fermeture temporaire jusqu’en décembre.

« C'est triste à voir »

À peine quelques centaines de mètres plus loin, le propriétaire du Buffet des continents, Tony Priftakis, ne se réjouit pas non plus.

« C’est difficile de voir des commerces devoir fermer. Dans ce cas-ci, ce sont des voisins, c’est triste à voir. C’est une nouvelle réalité que l’on va vivre. Les domaines du divertissement, du cinéma et de la restauration, on va en manger des coups. En même temps, avec les restrictions en place, on ne peut pas blâmer les gens, on ne peut pas les forcer à sortir. Ce sera difficile pour les prochains mois », indique-t-il. 

Celui-ci dit qu’une partie de la clientèle de son établissement venait sur une base régulière manger une bouchée avant une sortie au cinéma.

« Ce sont toujours des gens, surtout des familles, qui viennent manger rapidement, ils venaient au buffet le temps d’une heure, avant d’aller voir un film. [...] Il faut espérer qu’ils rouvrent, car c’est bien situé, c’est central, à proximité du Centre sportif, du nouvel aréna, du Rapibus. Tout est là », conclut M. Priftakis.