Martin Cauchon prononçait une conférence dans le cadre du Sommet du repreneuriat.

Faire du repreneuriat un réflexe

Dans les cinq à dix prochaines années, entre 30,000 et 60,000 entreprises québécoises ne trouveront pas de «repreneur», c’est-à-dire qu’elles mourront parce qu’elles n’auront pas été revendues. Cela représente 150000 emplois et de huit à dix milliards de dollars en chiffres d’affaires, explique Vincent Lecorne, président-directeur général du Centre de transfert d‘entreprise du Québec (CTEQ).

On sait que plus 57% des propriétaires d’entreprise ont plus de 50 ans. Alors, forcément, des milliers d’entre eux se chercheront sous peu une relève entrepreneuriale.

L’organisme paragouvernemental CTEQ se bat donc bec et ongles pour que le «repreneuriat» fasse partie du vocabulaire et des réflexes des entrepreneurs, notamment chez les plus jeunes d’entre eux, puisque 42% des Québécois qui ont l’intention de se lancer en affaires ont entre 18 et 34 ans.

«Je n’ai rien contre ceux qui partent en affaires (dans) des start-up, mais j’ai plus envie de laisser entendre que reprendre c’est aussi entreprendre [...] Ce n’est pas de la compétition à l’entrepreneuriat, mais de considérer la reprise d’entreprise quand on part en affaires, c’est ce qu’on peut souhaiter», explique Vincent Lecorne.

M. Lecorne pilote un Sommet international du repreneuriat, qui se déroule une fois l’an, à Montréal en mai, et aussi de plus petites versions régionales, dont la seconde édition se déroulait ce vendredi à l’hôtel Hilton du Lac-Leamy à Gatineau.

Cette année, le CTEQ a demandé de greffer son Sommet régional du repreneuriat au week-end du Rendez-vous des entreprises de Gatineau qui, lui, en est à sa huitième édition.

Le politicien devenu homme d’affaires

Invité à prononcer une allocution sur la culture d’entreprise, dans le cadre du Sommet régional du repreneuriat, vendredi, l’ex-ministre fédéral Martin Cauchon soutient que «ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a différentes façons de faire de l’entrepreneuriat. Partir sa business, c’est une façon, mais aujourd’hui, il y a énormément d’entreprises qui ont besoin d’un repreneur. Des entreprises qui ne trouvent pas de repreneur seront obligées de fermer. [...] Cette idée de repreneuriat, on ne la connaissait pas telle qu’on la connait aujourd’hui [...] Aujourd’hui, on est capable de mieux mettre en relation les entreprises et les repreneurs», explique l’ex-politicien, actuellement directeur exécutif du Groupe Capitales Médias, qui gère six quotidiens québécois dont Le Droit.

Mais la reprise d’entreprise passe aussi par le transfert d’une culture d’entreprise, d’une administration à une autre; un élément-clé que Martin Cauchon était appelé à aborder en conférence.

Martin Cauchon

«On le voit dans les statistiques: les entreprises qui ont une belle culture d’entreprise sont des entreprises plus performantes et plus fortes aussi», soutient-il.

Absente des dictionnaires, la définition du mot «repreneuriat» a été introduite dans le vocabulaire de la firme Druide informatique, qui conçoit le logiciel Antidote.

Reste maintenant à faire entrer ce mot dans le vocabulaire des entrepreneurs eux-mêmes.

Le rendez-vous

Pour sa part, le Rendez-vous des entreprises de Gatineau se poursuit, lui, samedi toute la journée au Hilton, avec sa vingtaine de kiosques, une conférence avec le chef Louis-François Marcotte et des ateliers portant sur le milieu des affaires, dont notamment celui intitulé: «Comment investir son bacon (sic) en bourse sans se casser la tête».