Le scandale autour de l’utilisation par la firme britannique Cambridge Analytica (CA) des données privées de 50 millions d’utilisateurs de Facebook à des fins politiques a déjà fait partir en fumée plus de 70 milliards $ de capitalisation boursière au réseau social.

Facebook toujours dans la tourmente

SAN FRANCISCO — Accusé de ne pas protéger suffisamment les données de ses utilisateurs et malgré de nouvelles excuses, Facebook se débattait toujours lundi dans le scandale Cambridge Analytica, qui lui a déjà fait perdre des dizaines de milliards en Bourse.

L’annonce lundi d’une enquête par le régulateur américain du commerce (Federal Trade Commission, FTC), qui souhaite examiner les pratiques du groupe en matière de données privées, a plombé le titre (jusqu’à - 6 %) pendant une bonne partie de la journée avant que celui-ci ne remonte en fin de séance, clôturant en hausse de 0,42 % à 160 $ entraîné par un marché euphorique.

Il n’en reste pas moins que le scandale autour de l’utilisation par la firme britannique Cambridge Analytica (CA) des données privées de 50 millions d’utilisateurs du réseau social à des fins politiques a déjà fait partir en fumée plus de 70 milliards $ de capitalisation boursière au groupe.

«La FTC est fermement et entièrement décidée à utiliser tous les outils dont elle dispose pour protéger la vie privée des consommateurs», a fait savoir l’organisme officiel lundi.

Le régulateur veut notamment savoir si Facebook a violé un accord amiable qu’ils ont signé en 2011, le réseau social étant alors accusé d’avoir «trompé» les consommateurs en leur disant à tort que leurs données étaient confidentielles alors qu’il les avait «partagées» de façon «répétée».

«Les entreprises qui ont conclu un accord avec la FTC doivent aussi se conformer aux règles [de la FTC] sur la protection et la sécurité des données personnelles», a précisé lundi le régulateur en guise d’avertissement.

Cet accord amiable — dont le contenu reste disponible sur le site Internet de la FTC — contenait huit points contre Facebook, qui s’était engagé à l’époque à changer ses pratiques, notamment en recueillant l’accord explicite des utilisateurs concernant l’usage de leurs données et en ne faisant plus de déclarations trompeuses sur la confidentialité des données.

Le réseau social aux plus de deux milliards d’utilisateurs dans le monde s’exposerait à des amendes s’il était démontré qu’il a enfreint l’accord amiable de 2011.