Facebook s'est effondré en Bourse au deuxième trimestre.

Facebook s’effondre en Bourse

SAN FRANCISCO — Rattrapé par les polémiques de ces derniers mois, le réseau social Facebook a déçu au deuxième trimestre, en nombre d’utilisateurs comme en chiffre d’affaires, et a prévenu que le ralentissement se poursuivrait, faisant s’effondrer le titre en Bourse.

Les responsables du groupe ont prévenu pendant une conférence téléphonique que ces tendances au ralentissement de la croissance devraient se poursuivre au deuxième semestre, amplifiant le recul du titre.

« C’est une année cruciale » pour Facebook, a commenté son patron Mark Zuckerberg.

Désinformation, manipulations politiques venues de Russe, gestion des données personnelles : Facebook connaît en effet des polémiques à répétition, en particulier autour de la question des données personnelles depuis le scandale Cambridge Analytica mi-mars, controverses mauvaises pour son image et susceptibles de refroidir le public et les annonceurs.

« Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre », a assuré Mark Zuckerberg.

Facebook n’avait au 30 juin que 2,23 milliards d’utilisateurs mensuels actifs (+11 %), moins que les 2,25 milliards anticipés par les marchés, qui scrutaient tout signe de faiblesse du titan.

Déception aussi concernant le nombre d’utilisateurs quotidiens actifs, qui étaient 1,47 milliard (+11 %) quand les marchés en attendaient 1,49 milliard. Mark Zuckerberg a expliqué que le nombre d’utilisateurs avait pâti notamment de la mise en œuvre du Règlement général de protection des données (RGPD) entrées en vigueur en mai dans l’Union européenne et qui renforce les droits des usagers.

Le chiffre d’affaires, constitué presque uniquement des recettes publicitaires du site, a lui aussi déçu, à 13,23 milliards (+42 %), moins que les 13,36 milliards espérés par les analystes. Sans que le groupe détaille les résultats de ses filiales, il a en revanche souligné que sa plateforme Instagram -- prisée des plus jeunes -- avait confirmé sa forte croissance. Instagram vient de dépasser le milliard d’utilisateurs.

Faire oublier Cambridge Analytica

Facebook a pourtant vu son bénéfice net bondir de 31 % à 5,1 milliards de dollars, un peu mieux qu’attendu.

Le groupe a aussi vu ses dépenses, en partie dues au besoin de mieux contrôler ce qui circule sur le réseau, croître de 50 % à 7,4 milliards. La tendance devrait continuer, a prévenu le groupe.

Facebook tente en effet par tous les moyens de redorer son image et ne regarde pas à la dépense, en particulier depuis le scandale retentissant autour de Cambridge Analytica (CA).

Cette firme britannique d’analyse de données avait récupéré des informations sur des dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement. CA avait travaillé ensuite pour la campagne présidentielle du républicain Donald Trump en 2016.

Ce scandale où les ingérences étrangères dans les élections valent au réseau social plaintes en enquêtes dans le monde entier et M. Zuckerberg avait dû s’expliquer longuement devant les parlementaires américains et européens.

La dernière polémique en date remonte à la semaine dernière, lorsque Mark Zuckerberg s’est fait violemment critiquer pour son refus de bannir les négationnistes du réseau social.

Le groupe se démène actuellement pour tenter de limiter la désinformation et les « fake news » à l’approche des élections de mi-mandat cet automne aux États-Unis.