Facebook a décidé de dépoussiérer ses outils de protection de la vie privée.

Facebook s’attaque à la protection de la vie privée

NEW YORK — Critiqué de toute part pour ses pratiques en matière de données personnelles et confronté à des règles nettement plus strictes en Europe, le géant Facebook a décidé de dépoussiérer ses outils de protection de la vie privée.

Les modifications ne changeront rien aux politiques du réseau social ou aux données qui sont colligées, mais la compagnie espère que ses 2,2 milliards d’utilisateurs s’y retrouveront plus facilement dans le labyrinthe des réglages qui contrôlent la sécurité et protègent les données confidentielles.

Facebook dit aussi vouloir faciliter la tâche aux internautes qui veulent consulter et télécharger les données qui sont récoltées à leur sujet.

L’annonce de mercredi survient après qu’on eut appris qu’une société de conseils associée au président Trump, Cambridge Analytica, avait obtenu des informations concernant quelque 50 millions d’abonnés de Facebook. Cela incluait des données concernant les amis de gens qui avaient téléchargé une application de test psychologique, même si ces amis n’avaient jamais consenti explicitement au partage.

Une patronne de Facebook a admis que la compagnie devait faire mieux. Prenant la parole au sommet Facebook de Toronto, la vice-présidente du marketing mondial, Nada Stirratt, a dit que la compagnie enquêtait sur Cambridge Analytica et sur cet incident qui, selon certains, a vu des électeurs américains être ciblés par des annonces politiques déterminées en fonction de leur profil psychologique.

Elle a reconnu que Facebook était ultimement responsable d’empêcher une telle utilisation incorrecte des données récoltées sur sa plateforme.

Facebook a aussi été enguirlandé pour avoir recueilli pendant des années les noms, les numéros de téléphone, les adresses de courriel et les historiques des appels et des textos de ceux qui utilisaient son application Android. La compagnie n’a pas précisé pourquoi elle avait besoin de ces données ou ce qu’elle en faisait.

Lundi, la Federal Trade Commission des États-Unis a annoncé qu’elle enquêtait sur les pratiques de Facebook.

La responsable de la vie privée chez Facebook, Erin Egan, a déclaré sur un blogue que la plupart de ces mises à jour en matière de protection de la vie privée étaient en préparation « depuis un moment, mais les événements des derniers jours mettent leur importance en lumière ».

Facebook a aussi fait savoir qu’il comptait mettre à jour sa politique de confidentialité et ses conditions d’utilisation au cours des prochaines semaines, sans fournir plus de détails.

En dépit des efforts déployés par la compagnie au fil des ans, la plupart des internautes peinent encore à trouver et à utiliser les réglages qui protègent la vie privée. Par exemple, Facebook a annoncé en 2009 la consolidation de six pages et d’une trentaine de réglages sur une seule page.

Malgré tout, les utilisateurs de l’application mobile doivent encore visiter une vingtaine d’endroits différents pour avoir accès à tous les réglages pertinents. Facebook promet qu’ils seront dorénavant accessibles à partir d’un seul endroit. Le géant assure aussi qu’il ajoutera des « explications plus claires » concernant les réglages.

Le responsable des produits chez Facebook, Chris Cox, dit que les nouveaux réglages ne représente que « la première de plusieurs mesures » que la compagnie prendra pour calmer les inquiétudes.