Alizée, Lou et Cloé continuent d’apprendre le fonctionnement d’une entreprise tout en fabricant des masques.
Alizée, Lou et Cloé continuent d’apprendre le fonctionnement d’une entreprise tout en fabricant des masques.

Fabrication de masques artisanaux: la jeunesse entrepreneuriale

Elles ont 10, 12 et 14 ans, et l’engouement pour les masques artisanaux contre la COVID-19 contribue à leur apprentissage du monde des affaires.

Elles s’appellent Alizée, Cloé et Lou. Elles sont avec leur mère Sylvie Desrosiers les Tannantes tricotantes + Bricoleuses talentueuses, et elles habitent à Gatineau.

Les filles ont délaissé pour le moment les accessoires de tricot et la laine pour se concentrer à la confection de masques coronavirus.

Leur entreprise est née il y a trois ans alors que les jeunes filles ont participé au Marché de Noël au Musée canadien de l’histoire où elles vendaient des articles qu’elles ont tricotés, comme des foulards et des tuques.

«C’était question d’apprendre les dépenses, les coûts, les profits, les revenus. C’était ça le but. Après le marché, elles ont arrêté. Lorsqu’on a commencé à parler de masques à la télévision, j’ai demandé aux filles si ça leur tentait. Il nous restait du tissu. On a fait des tests, de la recherche pour voir ce qui était le plus efficace, et on s’est arrêté sur un modèle. Là, on commence à faire différentes grandeurs. On s’amuse aussi beaucoup dans la sélection des tissus. Nous avons des couleurs assez colorées, et on travaille aussi avec des tissus qui nous sont donnés», a expliqué Mme Desrosiers, précisant que la confection de masques a commencé il y a un mois et demi. 

En plus de perfectionner leur «bosse des affaires», les jeunes filles apprennent aussi le métier de couturière ainsi que la manipulation et l’entretien des équipements, dont bien sûr de leurs deux machines à coudre.


« On en envoie jusqu’au Saguenay, Trois-Rivières, Québec, Mont-Tremblant et Ottawa »
Sylvie Desrosiers

Les masques sont fabriqués de deux épaisseurs de tissus 100 % coton et d’un filtre. 

Les commandes de masques auprès des Tannantes tricotantes + Bricoleuses talentueuses ont commencé par leur entourage, mais la folie pour l’accessoire a fait en sorte qu’elles viennent maintenant de partout. 

«On en envoie jusqu’au Saguenay, Trois-Rivières, Québec, Mont-Tremblant et Ottawa», a expliqué Mme Desrosiers.

La production de masques non médicaux de la petite entreprise varie de 30 à 50 par jour.

«Ça part du lavage (du tissu) jusqu’à l’assemblage du masque. En plus, on fait face à une belle pénurie d’élastique. On gère donc l’approvisionnement, une chose qu’on aime moins», a dit en rigolant Mme Desrosiers, dont les masques peuvent aussi être vendus avec la paracorde pour attacher le masque derrière la tête.

Le salon de la résidence a dû être transformé en atelier de couture. Le mari de Mme Desrosiers s’occupe principalement de l’envoi des commandes.

«On fait plus d’argent en une heure que le gardiennage, mais la demande de la clientèle exerce une pression constante, ce qui est un peu stressant. Il y a le pour et le contre. On est un peu fatiguées, on aimerait ralentir, mais on est pris dans le tourbillon», a indiqué Mme Desrosiers, rappelant que ses filles suivent des cours en ligne pour l’école.

«On a l’école en même temps, alors c’est difficile de faire un horaire qui fonctionne pour la confection de masques alors qu’on continue d’avoir des travaux scolaires», a expliqué Alizée.

«Les gens nous disent qu’on fait du bon travail et nous disent de continuer», a-t-elle ajouté.

Alizée, Lou et Cloé continuent d’apprendre le fonctionnement d’une entreprise tout en fabricant des masques.

Plus de 900 masques ont été vendus jusqu’à présent.

«Le port du masque est important. Il n’est pas assez porté, tant qu’à moi. C’est un petit geste barrière qui peut faire une bonne différence, alors pourquoi pas», a indiqué Mme Desrosiers.

Les autorités québécoises et ontariennes recommandent maintenant le port du masque, notamment lorsque la distanciation physique de deux mètres est difficile à respecter. Elles rappellent que le lavage des mains, la distanciation, limiter ses déplacements et la quarantaine continuent d’être les mesures de protection à suivre pour limiter les risques de propagation du virus.

Les Tannantes tricotantes + Bricoleuses talentueuses ont une page Facebook.