Maxime Lessard Giroux de Kuma Fireworks

Être son propre patron avant 30 ans

Ils n'ont pas encore 30 ans et ils sont déjà à la tête de leur entreprise. S'ils félicitent en partie leur ADN d'entrepreneur pour expliquer leur parcours, ils ont pris les bouchées doubles et cogné à bien des portes pour arriver à leurs fins. Portrait de trois entrepreneurs bien déterminés à prendre leur place.
L'artificier
Malgré le décalage de plus de 13 heures qui sépare Ottawa du Japon, Maxime Lessard Giroux cache bien sa fatigue au bout du fil.
À 26 ans, le fondateur de Kuma Fireworks a été invité à participer à un important symposium qui regroupe les 300 plus importantes compagnies de feux d'artifice au monde à Tokyo.
«C'est vraiment un événement important, confie le jeune entrepreneur. On y parle d'innovation, de nouveaux produits, même le ministre des Finances japonais y participe. Je suis le plus jeune artificier ici !»
Pour la petite histoire, Maxime est tombé sous le charme de l'art pyrotechnique alors qu'il était bénévole pour les Grands feux du Casino du Lac-Leamy. Il n'avait que 13 ans.
«C'est un métier qui offre une belle façon de voyager, mais il y a aussi tout le rush d'adrénaline qui vient avec les spectacles.»
Après tous ces étés à côtoyer les plus grands noms du domaine, il a appris ce métier inusité qui marie divertissement et explosion. Mais avant de poser l'affiche de son entreprise sur ses nouveaux bureaux du boulevard St-Joseph l'été dernier, le jeune artificier a dû emprunter un chemin d'affaires peu banal. 
«Pour se lancer dans le domaine des feux d'artifice, ça prend un minimum de 250 000$», explique-t-il. Inéligible aux différents programmes de démarrage d'entreprise, comme sa matière première explosive est considérée comme de l'armement, il a tout de même réussi à décrocher un prêt de 15 000$ auprès de Futurpreneur. Ce programme offre du financement et du mentorat aux jeunes entrepreneurs de moins de 39 ans.
Mais il était encore bien loin du compte.
Il a donc mis sur pied une entreprise de déménagement appelée Nomade afin de servir de levier financier à son projet de firme pyrotechnique. «Le premier été, je n'avais qu'un camion. Quatre ans plus tard, nous en avons quatre sur la route et une vingtaine d'employés en haute saison», poursuit Maxime, qui depuis, a confié la gestion de cette entreprise à une tierce personne tout en restant le seul actionnaire.
Kuma, qui signifie constellation en japonais, se spécialise dans la conception de spectacles de feux d'artifice, mais aussi dans la distribution de matériel pyrotechnique. «Nous ne sommes que quatre compagnies au Canada qui font les deux, soit le service et la vente», souligne Maxime, qui emploie près de 22 artificiers pigistes.
Le plus grand défi de Kuma est l'accès au matériel. «Il y a tellement de lois et règles à respecter, ça demande beaucoup de gestion.» Il doit se rendre régulièrement en Chine pour passer ses commandes en personne et s'assurer que tout sera envoyé adéquatement. «Une commande de feux d'artifice, c'est pas moins de 40 000, 50 000$ à la fois. Tu ne peux pas commander ça simplement sur le Web ! Les communications ne sont pas évidentes non plus, alors c'est mieux d'y aller en personne.» 
Au cours des prochains mois, Maxime va continuer de noircir les pages de son passeport. Une compétition en Espagne est au programme en plus de nombreux spectacles un peu partout au pays. Il travaille aussi au développement de sa propre gamme de produits Kuma, que l'on pourrait, entre autres, retrouver dans les dépanneurs. «Je veux pouvoir offrir une gamme complète, je suis présentement dans l'évaluation des coûts, l'emballage, etc.»