Êtes-vous un consommateur avisé?

Idée reçue: le consommateur est aujourd’hui mieux informé que jamais et par conséquent plus exigeant qu’autrefois. On le dit aussi plus averti et rompu aux règles du commerce grâce à l’accès accru à une grande diversité de sources de renseignements (revues et émissions spécialisées, chroniques dans les journaux, Internet, etc.).

La fluidité des communications, dopée de surcroît par les réseaux sociaux, contribue à l’accumulation du capital considérable d’information auquel le consommateur d’aujourd’hui a accès.

Une telle masse d’information est-elle de nature à le confondre ou le conforter dans ses compétences ? Là ça peut parfois se gâter un tout petit peu. Les consommateurs peuvent éprouver des difficultés dans un univers où mythes et croyances se confondent à l’information exacte.

Vous vous targuez d’être un consommateur avisé et aguerri et de connaitre vos droits en cas de problème ou de situation conflictuelle? Testez vos compétences en consommation en répondant aux questions suivantes :

Le temps, c’est de l’argent

La Loi sur la protection du consommateur (LPC) a récemment été actualisée par l’introduction de nouvelles dispositions visant notamment à contribuer à l’endiguement de l’endettement des ménages qui peut atteindre des sommets préoccupants.

Le contrat que vous avez conclu avec un émetteur de carte de crédit, établit à 2% du solde mensuel, le paiement minimum exigé aux titulaires de la carte. Vous avez un solde de 10 000 $ sur votre carte de crédit qui comporte un taux d’intérêt avoisinant les 20% (19,9%). Chaque mois, vous remboursez le montant minimal exigé, soit 200 $ en prenant garde de n’accuser aucun retard dans vos paiements.

Q1: combien de temps mettrez-vous à éponger votre dette ? 1- 5 ans 2- 15 ans 3- 80 ans ?

Réponse: 3. À ce rythme, il vous faudra un peu plus de 80 ans, 81 ans et 11 mois plus précisément, pour tout rembourser (!)

Q2: Quelle est la somme des intérêts que vous aurez assumée au terme de cette période qui ressemble presque à une sentence à perpétuité? 1- un peu plus de 17 000 $ 2- un peu plus de 24 000 $ 3- un peu plus de 45 000 $?

Réponse: 3 les frais de crédit s’élèveront à 46 683,53 $ (!!).

Un taux d’intérêt trop élevé?

Au Québec, un prêteur d’argent qui conclut des contrats de prêt d’argent régis par la LPC doit être titulaire d’un permis d’exploitation. Un prêteur d’argent se verra cependant refuser la délivrance d’un permis d’exploitation lorsque le taux d’intérêt qu’il exige dépasse le seuil au-delà duquel les tribunaux considèrent qu’il est abusif. Quel est ce seuil ? 1- 25 % 2- 35 % ou 3- 60 % ?

Réponse: 3 35 % À ne pas confondre avec le seuil des 60 % d’intérêts que le Code criminel établit généralement comme limite.

Taux d’intérêt vs taux de crédit

Un dernier mot sur les taux d’intérêt: il faut reconnaître que le domaine du crédit à la consommation est fort complexe et peut sans doute méduser une majorité de consommateurs. Les taux annoncés dans certaines offres de prêts sur l’Internet notamment n’indiquent bien souvent que le taux d’intérêt applicable au prêt alors que la LPC exige que le consommateur soit informé du taux de crédit qui reflète davantage la réalité.

En effet, afin de s’assurer de fournir au consommateur une information complète et de lui permettre de comparer les offres, la LPC exige que tous les frais entourant une offre de crédit, soit les frais d’intérêt, les frais d’administration, de courtage, de caution et tutti quanti soient agrégés. Ainsi la somme totale des frais de crédit exigés à l’occasion d’une offre de crédit doit être portée à l’attention du consommateur et exprimée en pourcentage annuel. Cette approche présidera à une prise de décision plus éclairée.

La différence entre le taux d’intérêt et le taux de crédit réel peut parfois surprendre. Selon le cas, le taux d’intérêt aux abords séduisants qui est annoncé peut dissimuler un taux de crédit passablement costaud une fois calculés tous les frais. Les cas dépassant la barre des 200 %, des 300 % ou même plus existent bel et bien. Ayez l’œil ouvert.

Gary Frost est directeur des services aux clientèles à l’Office de la protection du consommateur