Toitures Raymond

Entrepreneur sans limite

À 17 ans, Alain Raymond s'installe à Montréal pour apprendre le métier de ferblantier-couvreur. Malgré son jeune âge, il est déjà un homme, cinq années de travaux ardus sur la ferme familiale ayant forgé son caractère. Aujourd'hui à la tête de Toitures Raymond & Associés inc., il gère l'une des plus importantes entreprises de toitures au Québec, le reste du Canada étant maintenant à portée de main. Gros plan sur un homme d'affaires pour qui l'avenir rime avec succès.
Il faut d'abord parler de sa voix. Elle est rauque, chaleureuse, distincte. Une voix qui adore raconter, dans laquelle passion et humilité modulent chaque mot, chaque pensée.  
«J'ai quitté l'école à douze ans, à la demande de mon père, se souvient-il, triste. Je n'ai pas d'instruction et ça m'a manqué toute ma vie. Il m'a montré tous les rudiments de la ferme. Mais un jour, il m'a vendu un veau à 20 dollars, qu'il m'a financé, car je n'avais pas un sou. Pour faire un profit, je devais revendre le veau, à maturité. On ne sait jamais, la bête aurait pu mourir, et c'est là que j'ai appris la valeur de l'argent et la gestion de risque.»
Les débuts de Toitures Raymond
Natif de Mont-Laurier, l'aîné des garçons d'une famille de dix enfants a toujours su qu'il serait entrepreneur. D'où l'intérêt pour le métier de ferblantier-couvreur et la construction qui l'ont mené à suivre une formation de 6 000 heures à Montréal. 
De retour à Maniwaki, marié et père d'un bébé (Nancy Raymond de Steamatic), il fonde en 1976 les Toitures Raymond qui se spécialisent alors en toitures résidentielles. Les cinq premières années de l'entreprise lui ont permis de s'enraciner dans la communauté et d'établir sa réputation. 
Des mentors
«À l'époque, j'avais 5 000 dollars dans mon compte, la banque m'en a prêté autant et j'ai mis mes biens personnels en garantie, dit-il. J'avais un plan et n'ayant pas d'éducation, j'ai mis les bouchées doubles. Et tout au long de ma carrière, j'ai su me rapprocher de leaders, comme André Beaudoin de Slush Puppie Canada et l'homme d'affaires Eugène Tassé, pour être guidé.» Il est d'ailleurs lui-même mentor à la Chambre de commerce de Gatineau.
Alain Raymond
Avec un bassin de population de 5 000 personnes à Maniwaki et un chiffre d'affaires de 200 000 $, il comprend rapidement qu'il devra se tourner vers l'extérieur pour faire grandir son entreprise. À 29 ans, il pose ses pénates à Hull, voyant tout le potentiel que lui offre le grand Gatineau. Il se fait connaître en devenant membre de l'Association de la construction du Québec et de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec. Son chiffre d'affaires grimpe jusqu'à 750 000 dollars. 
Un contrat de 1,5 million $
En 1988, il décroche son premier gros contrat, avec le Musée canadien des civilisations, aujourd'hui le Musée canadien de l'histoire. «Mon chiffre d'affaires s'élevait à trois millions de dollars et ce contrat en valait 1,5 million $, dit-il, enflammé. La banque n'y croyait pas. J'étais la seule entreprise locale qui pouvait répondre à la commande, sans oublier que j'étais ferblantier de métier et que le cuivre, moi, ça ne me faisait pas peur !»  
Chiffre d'affaires de 45 millions $
Toitures Raymond & Associés inc. a engendré au fil des années une série d'entreprises spécialisées dans la toiture et le revêtement qui sont regroupées dans le consortium nommé Groupe Raymond. En forte croissance, les entreprises du Groupe Raymond comptent plus de 200 employés et visent un chiffre d'affaires de 45 millions $ en 2018.
Parmi les nombreux projets «millionnaires» qui les occupent, mentionnons la Baie James, la Banque du Canada, le Centre national des arts, le Centre des conférences du Canada et des contrats dans l'Ouest canadien.  
Doubler l'entreprise
«Il y a 20 ans, 70 % de mon chiffre d'affaires était au Québec et 30 % en Ontario. Aujourd'hui, c'est 80 % de l'autre côté de la rivière et 20 % ici, souligne-t-il.  
Avec notre structure organisationnelle et notre plan triennal, nous voulons doubler l'entreprise, soit par acquisition ou croissance. Au cours des 10 dernières années, la croissance annuelle s'élève à 15 %.» 
L'importance des associés
Alain Raymond partage sa vision avec toute l'équipe, mais surtout avec Marco Vaillancourt et Pierre Lafontaine, ses deux associés depuis 13 ans. «Je suis un cheval de course, dit-il en riant. Ces deux-là sont des gars d'opérations, brillants, qui réalisent mes rêves. Nous regardons les trois dans la même direction.»
Un redoutable trio dont le travail acharné a permis au Groupe Raymond d'être reconnu au printemps comme l'une des sociétés les mieux gérées au Canada pour son innovation dans l'industrie, ses pratiques de gestion exemplaires et sa performance financière exceptionnelle. 
«The sky is the limit», dit l'heureux père de quatre grands enfants, tous bien établis. Peu importe notre succès, je vais toujours rester humble, celui qui est prêt à cuisiner pour ses employés, devant un BBQ, pour les remercier. Ils ont l'entreprise tatouée sur leur coeur et je leur dois ma réussite.»