Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard

Énoncé économique: le gouvernement Legault donne plus d’argent aux familles

Le gouvernement Legault profite de la bonne performance de l’économie pour devancer la réalisation d’engagements phares, dont le rehaussement de l’allocation famille.

Il a présenté une mise à jour économique jeudi, qui prévoit des investissements supplémentaires de 857 millions $ en 2019-2020, dont la plupart sont réservés aux parents de jeunes enfants.

Contrairement à l’an dernier, le ministre des Finances, Eric Girard, s’est présenté seul devant les caméras, dans l’édifice centenaire du ministère, un ancien palais de justice situé dans le Vieux-Québec.

Il a remisé le gigantesque drapeau québécois qui lui avait servi de décor en novembre 2018, alors qu’il était accompagné du premier ministre François Legault et d’une cinquantaine de figurants caquistes.

M. Girard a fait état, jeudi, d’un surplus budgétaire de 4,8 milliards $ pour l’exercice 2018-2019. Il a dit envisager un surplus de 1,4 milliard $ pour 2019-2020, après les versements au Fonds des générations.

Allocation famille plus généreuse

Affirmant vouloir être «généreux envers les contribuables», mais «responsable», il a annoncé des améliorations à l’allocation famille, cette aide financière versée à toutes les familles ayant des enfants de moins de 18 ans.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de donner un répit financier aux familles qui décident d’avoir plus d’un enfant.

Dorénavant, les familles du Québec recevront le même montant pour chaque enfant, peu importe le rang de cet enfant dans la famille. Ce sont près de 679 000 familles qui recevront en moyenne 779 $ de plus par année, et ce, dès janvier.

Concrètement, une famille à faible ou à moyen revenu ayant deux enfants bénéficiera d’une hausse de son allocation de 750 $. Le gain pour une famille à plus haut revenu sera de 642 $.

Pour les familles de trois enfants, le gain pourra atteindre 1500 $ jusqu’à un revenu familial de 163 467 $. Au-delà de ce niveau de revenu, le gain sera de 990 $.

Tarif unique de garderie

De plus, le gouvernement décrète dès maintenant le retour au tarif unique dans les services de garde subventionnés. Les parents paieront donc 8,25 $ par jour et n’auront plus à fournir une contribution additionnelle modulée selon le revenu familial.

C’est une économie moyenne de 1100 $ pour 140 000 familles, selon le gouvernement, qui précise que la mesure est rétroactive au 1er janvier 2019. Les parents n’auront donc pas à payer de contribution additionnelle lors de la production de leur prochaine déclaration de revenus.

Aucun allègement financier n’est prévu pour les parents dont les enfants fréquentent les garderies non subventionnées. Or, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, se montre ouvert à les aider dans les prochains mois.

«L’idée, ce n’est pas de parler d’une compensation, ce n’est pas de parler de quelque chose d’équivalent, mais c’est d’envoyer un message qu’on pense aussi à ces parents-là», a-t-il déclaré en marge de l’annonce.

Baisse des tarifs de stationnement

Troisième mesure : une réduction importante, dès le printemps prochain, des tarifs de stationnement dans les différents établissements de santé du Québec.

Les deux premières heures seront gratuites, et le tarif maximal sera de 7 $ à 10 $ par jour selon les régions. La ministre de la Santé, Danielle McCann, présentera dans les prochaines semaines les modalités d’application de la nouvelle grille tarifaire.

Des investissements de 25 millions $ en 2019-2020, de 120 millions $ en 2020-2021 et en 2021-2022, de 132 millions $ en 2022-2023 et de 145 millions $ en 2023-2024 sont prévus, afin d’implanter les nouveaux tarifs et compenser les établissements.

Par ailleurs, le ministre Girard a déclaré que le surplus de 1,4 milliard $ l’an prochain permettra notamment de faire face à un ralentissement possible de l’économie et lutter contre les changements climatiques.

Il prédit que les revenus de la Bourse du carbone seront insuffisants pour soutenir le futur plan d’électrification des transports du ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

«Il devra y avoir des efforts considérables et je soumets l’hypothèse que les revenus de la Bourse du carbone ne seront pas suffisants et qu’une part des surplus pourrait aider», a-t-il affirmé en conférence de presse.

La mise à jour économique de jeudi prévoit également des hausses salariales d’environ 2 % pour les 500 000 employés du secteur public, l’équivalent de l’inflation, et ce, avant même le début des négociations.

Il est prévu qu’en 2019, la progression du produit intérieur brut s’établira à 2,4 %, une hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport aux prévisions du budget de mars dernier.

L’objectif de réduire le poids de la dette à 45 % du PIB sera atteint au cours de la présente année financière, estime par ailleurs le gouvernement.