Dollarama souhaite continuer à mettre en valeur les produits dont le prix se trouve dans une fourchette oscillant entre 1 $ et 1,25 $.

Dollarama veut stimuler l’achalandage pour vaincre la concurrence

MONTRÉAL — Confronté à un contexte concurrentiel de plus en plus féroce, Dollarama dit surveiller de près le prix des articles sur les tablettes de ses magasins alors que le détaillant désire stimuler l’achalandage dans son réseau.

Le président et chef de la direction, Neil Rossy, a concédé, jeudi, que l’entreprise établie à Montréal avait peut-être un peu trop mis l’accent sur les catégories d’articles plus dispendieux - qui peuvent atteindre jusqu’à 4 $.

Dollarama souhaite continuer à mettre en valeur les produits dont le prix se trouve dans une fourchette oscillant entre 1 $ et 1,25 $.

«Bien honnêtement, je pense que vous savez très bien que nous avons perdu cela de vue, d’être certain d’avoir tous les éléments afin de générer de l’achalandage et ainsi équilibrer nos prix plus élevés», a dit M. Rossy au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre, où Dollarama a légèrement raté la cible des analystes en dépit de profits et revenus en hausse.

Le dirigeant du détaillant a expliqué aux analystes que l’on procédait à une évaluation du prix des produits aux trois semaines et qu’un rééquilibrage devrait contribuer à faire progresser les ventes.

«Nous devons nous recentrer sur l’achalandage, car en fin de compte, c’est ce qui constitue le pain et le beurre des magasins physiques», a dit M. Rossy.

Au quatrième trimestre terminé le 3 février, Dollarama a vu les ventes de ses établissements ouverts depuis au moins un an - un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail - grimper de 2,6 pour cent, alors que les analystes prévoyaient une progression d’environ 3,5 pour cent.

Dans une note envoyée par courriel, Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, a souligné que le nombre de clients avait fléchi de 0,5 pour cent chez Dollarama pendant le trimestre.

«Il s’agissait du quatrième trimestre consécutif où il y a eu une croissance négative au chapitre de l’achalandage», a écrit l’analyste, estimant que les consommateurs étaient peut-être moins enclins à dépenser.

Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que la question des prix était de plus en plus importante étant donné le contexte très concurrentiel dans le secteur du commerce de détail, où les coûts d’exploitation sont en hausse.

Malgré certains défis à surmonter, l’analyste a estimé que Dollarama avait livré des résultats «solides» au quatrième trimestre.

Toutefois, Derek Dley, de Cannacord Genuity, a abaissé sa recommandation, qui passe d’acheter à conserver, en plus d’abaisser son cours cible pour l’action de Dollarama en raison des prévisions dévoilées en vue de l’exercice 2020.

Le détaillant s’attend à ce que la croissance de ses ventes comparables varie entre 2,5 et 3,5 pour cent, ce qui est sous sa fourchette historique de quatre à cinq pour cent.

«À notre avis, (l’entreprise) devra faire ses preuves auprès des investisseurs pendant les prochains trimestres», a écrit M. Dley, dans un rapport.

Au quatrième trimestre, Dollarama a engrangé un bénéfice de 172 millions $, ou 54 cents par action, en hausse par rapport à celui de 162,8 millions $, ou 48 cents par action, lors de la même période l’an dernier.

Les ventes de la période de 13 semaines ont totalisé 1,06 milliard $, comparativement à celles de 938,1 millions $ du quatrième trimestre de l’an dernier.

Cette performance s’est avérée inférieure aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur un profit par action de 55 cents ainsi qu’un chiffre d’affaires de 1,07 milliard $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

La société a également relevé son dividende trimestriel, qui sera de 4,4 cents par action, comparativement à celui de 4,0 cents versé précédemment.

Dans ses perspectives pour l’exercice qui vient de commencer, Dollarama a indiqué s’attendre à ouvrir 60 à 70 nouveaux magasins dans le cadre de son objectif visant à exploiter un réseau de 1700 établissements en 2027.