Le bénéfice ajusté d’Air Canada au premier trimestre de 2020 devrait être inférieur d’environ 200 millions $ à celui du même trimestre l’an dernier.

Difficultés en vue chez Air Canada

MONTRÉAL — Air Canada se prépare à connaître un premier trimestre plus difficile alors que les effets du nouveau coronavirus et la longue interdiction de vol visant sa flotte de Boeing 737 Max se répercutent dans ses ventes.

La société a perdu environ 25 % de sa flotte d’appareils à fuselage étroit lorsque les autorités du monde entier ont interdit aux avions Max de décoller, en mars, dans la foulée de deux écrasements mortels. Le mois dernier, Air Canada a interrompu tous ses vols vers la Chine continentale et sa liaison entre Toronto et Hong Kong en raison de la propagation du Covid-19, le virus qui a mené à d’importantes quarantaines en Chine et fait plus de 1800 morts.

Ces deux difficultés font en sorte que le bénéfice ajusté au premier trimestre de 2020 devrait être inférieur d’environ 200 millions $ à celui du même trimestre l’an dernier, ou d’environ 33 % par rapport au bénéfice de 583 millions $ avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement des trois premiers mois de 2019.

«L’élément le plus gros et le plus important est certainement l’absence du Max. Et il y a manifestement un impact à ne pas s’envoler en Chine pendant deux mois au premier trimestre», a souligné le directeur financier du transporteur, Michael Rousseau.

Les coûts supplémentaires découlent en partie du remplacement du Max, l’un des avions les plus efficaces d’Air Canada, avec des Embraer 190 et des Airbus A320, qui ont une économie de carburant inférieure et transportent des charges plus légères. Les frais de location de ces avions et la rémunération d’environ 400 pilotes de Max qui ne sont pas formés pour piloter d’autres avions de la flotte viennent s’ajouter au fardeau.

Le virus mortel a également eu d’«énormes conséquences» sur les changements d’horaire et les modifications de réservation de dernière minute, a expliqué la chef des affaires commerciales, Lucie Guillemette.

Nouveau système de réservation

La multitude d’annulations et de nouvelles réservations qu’elle a provoquées a aggravé les problèmes liés à un nouveau système de réservation.

Ce dernier, lancé exactement trois mois avant l’appel aux résultats, continue de donner aux clients des maux de tête après une saison de voyage des Fêtes mouvementée.

«Notre temps d’attente dans les centres d’appels est encore long», a affirmé Mme Guillemette. «En conséquence, nous avons constaté un impact sur les revenus.»