Dominic Lacroix

Deux mois de prison pour le fondateur de Plexcoin

Le créateur de la cryptomonnaie Plexcoin, Dominic Lacroix, est condamné à deux mois de prison pour avoir contrevenu aux ordres du tribunal des marchés financiers et continué à amasser une dizaine de millions de dollars auprès d’investisseurs.

Depuis juillet, Dominic Lacroix aurait dû fermer ses sites Internet et cesser de vendre ses Plexcoin, une monnaie virtuelle du même acabit que les Bitcoin. 

Il n’en a rien fait, constate la Cour, et a continué d’engranger des millions de dollars en promettant des taux d’intérêt alléchants à des milliers d’investisseurs.

Lacroix a été reconnu coupable d’outrage au tribunal en octobre.

Et vendredi, le résident de Charlesbourg a dû se présenter à l’établissement de détention de Québec pour commencer à purger sa peine de deux mois. Une période de détention appropriée, écrit le juge Marc Lesage de la Cour supérieure, pour que Lacroix «réalise la gravité de ses gestes et activités posés délibérément et de façon continuelle dans le but de servir ses intérêts personnels, et ce, à l’encontre des intérêts du public».

Les avocats de Lacroix présenteront au début de la semaine prochaine une demande de remise en liberté durant les procédures d’appel du jugement pour outrage au tribunal.

Amende maximale

La Cour supérieure a aussi condamné Lacroix et son entreprise DL Innov à payer 10 000 $ et 100 000 $ d’amende d’ici trois mois. Ce sont les amendes maximales prévues au Code de procédure civile.

«Il s’agit ici d’un cas extrême de désobéissance grave et de mauvaise foi», estime le juge Lesage.

Le juge dit avoir été d’autant plus sévère dans l’imposition de la peine qu’il considère Dominic Lacroix comme un récidiviste.

En 2013, Lacroix et sa compagnie Micro-Prêts avaient en effet été condamnés pour placement illégal, pratique illégale et transmission d’information fausses et trompeuses. Lacroix s’était alors engagé envers l’AMF et le Tribunal à ne plus avoir d’activités directes ou indirectes de placement ou de vente de valeurs mobilières.

«On s’en fout de l’AMF»

En lisant les courriels entre Dominic Lacroix et un de ses employés, le juge Marc Lesage a pu constater la désinvolture avec laquelle l’homme d’affaires prenait le jugement du tribunal administratif des marchés financiers. «Je me ferai pas "crisser" à terre c’est pas vrai, écrit Dominic Lacroix le 27 juillet en soirée, une semaine après le jugement administratif. En revenant, j’embarque sur ma nouvelle structure d’entreprise, ça va bouger pas mal... Yes sir! J’aime mieux faire chier l’AMF que WaveCrest [une entreprise de services bancaires, N.D.L.R.] parce qu’on aura besoin d’eux.»

Le 2 août dernier, 90 000 investisseurs avaient acheté des Plexcoin sur Internet.

L’AMF évalue que, seulement depuis l’ordonnance de cour de juillet, Lacroix et DL Innov ont amassé plus de 10 millions $.

Depuis le 29 septembre, les sites Web de PlexCorps et PlexCoin ne sont plus accessibles avec une adresse IP du Québec.

L’enquêteur de l’AMF y a toutefois accédé indirectement avec une adresse extérieure.