C’est l’ensemble des 271 caisses du Québec qui doivent à l’heure actuelle réviser leur réseau de distribution et leur parc de guichets d’ici deux ans.

Des sociétaires de Desjardins déçus

Un peu plus d’une quarantaine de sociétaires de la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées ont pris part, lundi soir, à une séance d’information tenue par la coopérative financière de services dans la foulée de la fermeture annoncée du guichet de Plaisance qui sera effective à compter du 13 août prochain.

Les dirigeants de la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées avaient convié les membres de la coopérative à une rencontre à la salle municipale de Plaisance dans le but de dresser l’état de la situation quant à l’avenir du guichet du village.

Le constat est sans équivoque: face à la croissance du numérique, le guichet automatique n’a plus la cote comme auparavant. Sur les 6,9 millions de transactions effectuées en 2017 au sein de la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées, 92% d’entres elles ont été réalisées avec un autre mode que le guichet automatique. Ce sont en moyenne 2373 transactions par mois qui sont réalisées au guichet de Plaisance, lequel est déficitaire d’environ 60 000$ par année.

Par ailleurs, c’est l’ensemble des 271 caisses du Québec qui doivent à l’heure actuelle réviser leur réseau de distribution et leur parc de guichets d’ici deux ans. Des 13 guichets de la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées, ceux de Plaisance et Notre-Dame-de-la-Salette sont pour le moment les deux seuls qui sont appelés à disparaître. L’institution étudie également la possibilité de démanteler l’un des trois guichets situés à son siège social de la rue Maclaren, à Buckingham.

Philippe Harkins, directeur général de la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées, Jean-Claude Pelletier, président du c.a., et Pierre Perras, vice-président de la Caisse du Coeur-des-vallées et vice-président du conseil régional Outaouais, Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec pour le Mouvement Desjardins, n’avaient pas de bonnes nouvelles à annoncer.

La réflexion entourant l’avenir de l’appareil à Plaisance avait été amorcée en 2015, a indiqué le président du conseil d’administration de la caisse, Jean-Claude Pelletier.

«Nous sommes arrivés à un moment où il n’y a pas de changements et pas d’amélioration. Le service est de moins en moins utilisé. Que voulez-vous qu’on fasse?», a-t-il lancé, précisant que la décision était irrévocable.

«On veut bien entendre vos suggestions. On va essayer de les mettre en pratique, mais on ne pourra pas revenir sur cette décision. Tout ce qu’on peut faire, c’est vous apporter un niveau d’aide selon les besoins. On ne peut pas faire plus que ça. Je m’excuse, mais c’est comme ça», a-t-il renchéri.

Des membres présents dans la salle sont visiblement restés sur leur faim après la rencontre. À quelques reprises, des personnes ont évoqué au micro le fait que les dés étaient pipés et que l’institution n’avait jamais eu l’intention de trouver une alternative au retrait du guichet.

«En tant que membre, je ne me suis pas sentie écoutée. On sent très bien que votre décision est arrêtée et qu’il n’y a pas d’autre chose à faire», a mentionné Annette Desjardins, une commerçante de la municipalité.

L’ancienne mairesse de Plaisance et ex-préfète de la MRC de Papineau, Paulette Lalande, qui reproche à la coopérative de ne pas avoir respecté le contrat de bail liant la municipalité et Desjardins, n’y est pas allé de main morte pour fustiger les dirigeants de la caisse. «Vous êtes en train de participer à la mort des aînés, je vous le dis. Les aînés, ce sont eux qui ont bâti les caisses. Maintenant, ce sont eux qu’on prive de ce service», a-t-elle déclaré.

Des sociétaires ont par ailleurs lancé le blâme aux dirigeants de la succursale d’avoir aveuglément exécuté les ordres de la maison-mère de la fédération.

«Malheureusement, ça va être cru ce que je vais dire, mais chacune des caisses de la fédération est condamnée à faire de l’argent et à être rentable pour supporter la croissance. Supporter la croissance, ça veut dire, de temps à autre, prendre des décisions qui sont très difficiles. Ce ne sont pas des gros monsieurs ou des grosses madames qui vivent dans des tours d’ivoire à Montréal qui ont pris la décision, mais ce sont des représentants locaux des caisses qui siègent et qui vous représentent au conseil d’administration», a affirmé à ce sujet Pierre Perras, vice-président de la caisse et vice-président du conseil régional Outaouais, Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec chez Desjardins.

À noter que la Caisse Desjardins du Coeur-des-vallées tiendra une réunion d’information semblable ce soir à Notre-Dame-la-Salette, là où le comptoir financier et le guichet seront aussi démantelés en août prochain.