Des dizaines de milliers d’articles usagés, provenant des différents ministères et organismes gouvernementaux, sont mis en vente, sur internet ou lors d’encans publics, puis adjugés au plus offrant.

Des milliers de biens du gouvernement vendus à l’encan

On peut y trouver des livres, de l’équipement de camping, des meubles de bureau et une panoplie d’outils. On peut miser, négocier et faire monter les enchères. Et les retours ne sont pas acceptés. La vente de garage du coin ? Non, plutôt un gigantesque vide-grenier déployé d’un océan à l’autre et dont les ventes atteignent les millions de dollars annuellement.

Ces services de « disposition des biens » – peu connus du public – sont gérés par les gouvernements canadien et québécois et sont accessibles à tous.

Des dizaines de milliers d’articles usagés, provenant des différents ministères et organismes gouvernementaux, sont mis en vente, sur internet ou lors d’encans publics, puis adjugés au plus offrant. On y retrouve de tout : des voitures, de la machinerie agricole, des appareils photo, des jouets pour enfants, des tapis, des briques, des collections de timbres, des classeurs et même des tableaux et des bijoux.

Comme dans toute bonne vente de garage, il faut fouiller et scruter les articles mis en vente pour dégoter des aubaines et mettre la main sur les offres les plus alléchantes. Un congélateur offert à un prix plancher de 25 $, des casques d’écoute à 10 $ ou une faucheuse rotative à 300 $ font partie des articles offerts au public dans les dernières semaines.

Au fédéral, la responsabilité de gérer et de mettre en vente les biens excédentaires du gouvernement revient à GCSurplus, une branche de Services publics et Approvisionnement Canada. Au Québec, c’est le Centre des services partagés du gouvernement du Québec qui se consacre à cette tâche.

Lorsqu’un ministère veut se départir d’un bien, peu importe sa nature, il est offert en priorité aux autres ministères et organismes gouvernementaux. Mais lorsque ce bien ne trouve pas preneur à l’intérieur de l’appareil gouvernemental, il est vendu au public par le biais d’un encan ou encore d’un appel d’offres.

Des biens confisqués, des biens issus de la criminalité et des biens provenant de successions non réclamées se retrouvent également dans les lots offerts au public.

« Les fonctionnaires utilisent toutes sortes de biens pour leurs fonctions et tous ces biens-là, éventuellement, finissent leur vie opérationnelle et à ce moment-là, on en dispose », explique en entrevue Nicholas Trudel, directeur général intérimaire du secteur des services spécialisés pour Services publics et Approvisionnement Canada.

« Si on rénove un édifice dans lequel travaillent 5000 employés, on va avoir 5000 chaises à vendre », illustre-t-il.

« On dispose de tout ce qu’un ministère ou un organisme peut, à un moment, avoir utilisé ou s’être procuré », renchérit Mélanie Larochelle, chef de service de la gestion et de la disposition des biens au Centre de services partagés du Québec. Les municipalités peuvent également utiliser ce service pour se débarrasser de certains de leurs biens. Des lampadaires peuvent ainsi se trouver à l’encan, ou encore des troncs d’arbres touchés par l’agrile du frêne.

Tant au fédéral qu’au provincial, la majorité des articles mis en vente sont des véhicules motorisés. On peut même se porter acquéreur de véhicules ayant appartenu à l’armée !

L’an dernier, GCSurplus a réalisé des ventes d’environ 45 millions $ en mettant à la disposition du public quelque 25 000 articles. Au Québec, des ventes totalisant 13,3 millions $ ont été réalisées pour l’année financière 2016-2017. La part du lion est retournée aux ministères et organismes qui étaient propriétaires des biens. Une fois les coûts opérationnels couverts pour les deux organismes gestionnaires, la balance a été versée dans les coffres de l’État.

L’an dernier, GCSurplus a réalisé des ventes d’environ 45 millions $ en mettant à la disposition du public quelque 25 000 articles.

Biens issus de la criminalité
En parcourant le catalogue des ventes, plusieurs articles détonnent et attirent l’œil. Au milieu d’articles plus ternes, comme des bureaux ayant appartenu à des fonctionnaires ou des tondeuses usagées, se faufilent des Harley Davidson, des vêtements de haute couture, des montres de luxe et même des bagues de fiançailles.

« Lorsque nous recevons des lots qui proviennent du Directeur des poursuites criminelles et pénales, nous avons la responsabilité de les conserver en bon état jusqu’à ce que ceux-ci soient confisqués par ordonnance de la cour ou encore que la cour mentionne qu’on doit remettre le bien à son propriétaire », explique Mme Larochelle.

Si au terme du processus judiciaire, le bien est bel et bien confisqué, il sera vendu comme n’importe quel autre objet. GCSurplus mentionne alors sur la fiche du produit qu’il s’agit d’un bien confisqué.