Le président et directeur général de la Laiterie de l'Outaouais, Georges Émond, et le directeur des ventes, Stéphane Jobin

Des formats uniques pour la Laiterie de l'Outaouais

Le dernier-né de la Laiterie de l’Outaouais, dévoilé jeudi, s’avère une première au Québec. De nouveaux formats de 1,5 litre en carton recyclable avec bouchon font leur apparition sur les tablettes des magasins, une stratégie de plus pour demeurer compétitif dans un marché où ça joue du coude.

Les contenants nouveau genre, disponibles pour toutes les variétés de lait ainsi que le lait au chocolat, permettra à la laiterie de diversifier son éventail de produits offerts aux consommateurs, croit le président-directeur général, Georges Émond. 

« C’est un format dérèglementé depuis quelques années au Québec et ça me tenait beaucoup à cœur. Je voulais qu’on puisse dire que nous étions des pionniers. Ça va nous permettre de diversifier notre offre et possiblement d’élargir nos espaces tablettes. Ça va en achaler quelques-uns, ça c’est sûr. C’est un format éprouvé sur d’autres continents comme l’Europe », affirme-t-il, lui qui surnomme affectueusement le nouveau format « le petit bébé du 2 litres ». 

Les formats 1,5 litre sont d’ores et déjà disponibles dans tous les dépanneurs Quickie de l’Outaouais et se retrouveront sous peu sur les étalages des supermarchés IGA de la région. L’intégration dans les autres détaillants sera progressive, le temps que des ententes soient ficelées, indique-t-on. 

M. Émond, qui espère que d’autres petites laiteries de la province emboîteront le pas, estime que ce nouveau format répondra à un besoin à une époque où les familles sont plus petites et de plus en plus de gens vivent seuls.

« J’ai bon espoir que ça fonctionne. [...] On ne cesse pas de vouloir innover », s’est-il exclamé. 

L’ajout ces derniers mois de contenants en carton ne sonne cependant pas le glas pour les emballages en plastique, dit le patron de la laiterie, spécifiant que chaque client a ses préférences. 

Le développement de ce nouveau format a été rendu possible grâce à l’achat d’une machine encartonneuse et à l’adaptation des infrastructures de l’usine sise sur le chemin Industriel, à Gatineau. Ces projets avaient pu aller de l’avant à la suite d’un investissement de 700 000 $ provenant de Développement économique Canada, Investissement Québec, la Banque Nationale et le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. 

Cette innovation a permis l’embauche d’un employé additionnel.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas caché que la Laiterie de l’Outaouais lui servait régulièrement d’exemple dans ses discours et qu’il compte y faire allusion au 4e Forum mondial de l’économie sociale, en Espagne, auquel il prendra part dans deux semaines. 

« C’est une économie avec une âme, c’est un modèle assez exceptionnel. Elle est un grand symbole pour la fierté de la région. Mais la bataille n’est jamais gagnée, on doit continuer à offrir de nouveaux produits », a-t-il dit.

Les produits de la Laiterie sont actuellement offerts dans 270 points de vente à travers l’Outaouais, sans compter Ottawa et quelques restaurants de Montréal. 

D’ailleurs, la percée du marché ontarien va bon train, souligne M. Émond. 

« On fait notre petit bout de chemin, avec le temps on réussit à développer ce secteur-là. On a une belle réception, on s’aperçoit que les gens d’Ottawa nous considèrent eux aussi comme leur laiterie régionale », lance-t-il. 

Notons que le géant laitier Parmalat a de son côté récemment mis en marché au Québec une bouteille de lait en plastique de format 1,5 litre. 

Wal-Mart dans la mire

Le projet d’étaler les produits de la Laiterie de l’Outaouais sur les tablettes réfrigérées des quatre magasins Walmart de Gatineau est toujours dans les cartons. Les pourparlers entre les deux entreprises sont toujours en cours, indique le président-directeur général de la Laiterie, Georges Émond. 

« C’est lent, mais ça avance. On a dû remplir plusieurs formulaires, c’est un processus très complexe. Présentement, nous sommes en attente d’une réponse de leur part. C’est difficile de dire si ça va aboutir, sauf qu’on ne s’est jamais fait carrément dire non », a-t-il confié. 

En 2008, le géant américain a été le tout premier détaillant à cogner aux portes de la Laiterie de l’Outaouais. Celle-ci avait à l’époque décidé de mettre Walmart sur la voie d’accotement, le temps de percer le reste du marché régional. En décembre dernier, M. Émond affirmait au Droit que ce qui intéressait la Laiterie, « c’est d’être présent partout où il se vend du lait en Outaouais ». 

À son avis, peu importe l’opinion publique sur la multinationale, elle fait « partie de l’équation », à l’heure où elle a bousculé l’industrie et les habitudes de consommation en offrant un rayon alimentaire complet dans tous ses magasins.