Le directeur des ressources humaines et des opérations scolaires, Philippe Plourde, est accompagné de la conseillère des ressources humaines et de la santé et sécurité, Jade-Émilie Poulin-Giguère, qu’il considère comme sa relève.

Des bonus pour les employés

La pénurie de main-d’œuvre touche la grande majorité des industries du Québec. Des chefs d’entreprise optent pour la créativité quand vient le temps de contrer ce problème. Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias ont répertorié une douzaine de « bonnes idées ». À lire jusqu’au 16 janvier.

Récompenser et valoriser le travail de ses employés autrement que par la simple paye, voilà comment a décidé de s’y prendre la direction de Groupe Autocar Jeannois pour attirer et garder sa main-d’œuvre. 

Né en 1974 par l’intégration des opérations de trois entrepreneurs en transport scolaire des villages de Saint-Coeur-de-Marie et de Sainte-Monique-de-Honfleur au Lac-Saint-Jean, Groupe Autocar Jeannois compte aujourd’hui quelque 200 employés. L’entreprise, dont le siège social est situé à Alma, œuvre maintenant autant en milieu scolaire que dans l’offre de voyages nolisés au Québec, mais aussi au Canada et aux États-Unis. 

Il y a quatre ans, la direction a décidé de mettre sur pied un système de bonification, afin de récompenser financièrement ses conducteurs ayant une attitude et une conduite qui se démarquent. 

« Nous voulions récompenser le travail de nos conducteurs dans le secteur des voyages nolisés. On voulait attirer la main-d’œuvre, mais surtout garder celle qui était déjà avec nous. C’est en discutant avec les employés qu’on a mis sur pied ce système », explique le directeur des ressources humaines et des opérations scolaires, Philippe Plourde. 

Le système est fort simple : les conducteurs ont droit à un bonus en argent s’ils atteignent les différents objectifs, notamment au niveau du service à la clientèle ou du respect du Code de la route.

« Tous nos autobus sont munis de dispositifs qui font en sorte qu’on sait si un conducteur respecte les limites de vitesse, par exemple. De plus, si nous recevons des commentaires positifs quant au service à la clientèle, nos conducteurs sont également récompensés. Même chose s’ils n’ont pas d’accrochage avec l’autobus », souligne Philippe Plourde, sans toutefois entrer dans les détails de la valeur des bonus. Quoi qu’il en soit, cette mesure a évidemment été très bien accueillie par les employés. 

« Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’entreprises qui proposent ce genre de bonus. C’est très apprécié chez nous et c’est un plus qu’on peut offrir quand il est temps du recrutement », ajoute M. Plourde, qui était accompagné de la conseillère en ressources humaines et en santé et sécurité de l’entreprise, Jade-Émilie Poulin-Giguère. Cette dernière a effectué son stage chez Autocar Jeannois et a pu ensuite s’y placer. C’est d’ailleurs un autre aspect du recrutement privilégié à l’entreprise.


Tous nos autobus sont munis de dispositifs qui font en sorte qu’on sait si un conducteur respecte les limites de vitesse, par exemple. De plus, si nous recevons des commentaires positifs quant au service à la clientèle, nos conducteurs sont également récompensés. Même chose s’ils n’ont pas d’accrochage avec l’autobus. 
Philippe Plourde

l’entreprise.

« Nous mettons beaucoup d’efforts pour proposer des emplois à nos stagiaires. Avec Jade-Émilie, je prépare un peu ma relève, puisque je ne rajeunis pas ! », lance Philippe Plourde, en souriant. 

L’entreprise jeannoise, qui est également présente dans la région de Charlevoix, mise beaucoup sur le bien-être de ses employés, en offrant une bonne conciliation travail-famille, une flexibilité dans les horaires et en valorisant leur travail. « Nous organisons des soirées reconnaissances pour nos conducteurs en milieu scolaire, puisque nous sommes d’avis qu’ils effectuent un travail essentiel et important auprès des enfants. Ils sont le premier contact des jeunes avec le milieu scolaire », estime le directeur des ressources humaines. 

D’autres initiatives ont été mises en place au fil des ans pour récompenser les travailleurs. La direction paie notamment une part de l’inscription au gym des employés en plus de leur offrir des formations gratuites et des ateliers sur la saine alimentation, par exemple. 

« Les conducteurs qui oeuvrent dans le secteur nolisé doivent également être à la fine pointe de la technologie puisque l’utilisation d’applications et de matériel informatique est aujourd’hui essentielle lors des voyages organisés. Nous proposons donc aux travailleurs une aide financière pour des formations ou l’achat de tablette, par exemple », ajoute Jade-Émilie Poulin Giguère. 

Et pour ceux qui commenceront une carrière de conducteur de trajets nolisés, ils pourront participer à ce qui est appelé « Jeannois Académie ». « Chaque nouveau conducteur partira pour les États-Unis, afin d’accompagner un conducteur expérimenté et voir comment est le travail », note Philippe Plourde. 

Difficile de recruter des jeunes

Bien que le Groupe Autocar Jeannois ait mis au point plusieurs initiatives pour attirer et garder sa main-d’œuvre, il n’en demeure pas moins que le recrutement représente tout un défi. «C’est tout de même difficile. Nous ne poussons personne dehors, même si la moyenne d’âge chez nous tourne autour de 57 ans. Nous travaillons fort sur le recrutement et je sais que c’est un défi dans plusieurs autres entreprises», note le directeur des ressources humaines de l’entreprise, Philippe Plourde. 

C’est dans le secteur scolaire où le recrutement est le moins facile. «Ce ne sont pas des horaires très stables et nous ne pouvons pas toujours offrir un 40 heures semaine. C’est donc important de valoriser le travail autrement. Nous avons beaucoup de femmes et de retraités qui postulent, c’est bien. On est d’ailleurs présents au salon de la FADOQ pour faire du recrutement chaque année. Mais on aimerait bien avoir des jeunes aussi!», souligne M. Plourde.