Le pdg de la Société des alcools du Québec (SAQ), Alain Brunet

Déjà des maux de tête

«Il faut s’attendre que les quatre, cinq ou six premiers mois seront difficiles!» L’approvisionnement en marijuana pourrait donner des maux de tête à la direction de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Et le pdg de la Société des alcools du Québec (SAQ), Alain Brunet, ne le cache pas. Il estime que la société d’État recevra au cours des premiers mois entre «60 % et 70 %» des commandes prévues avec ses fournisseurs autorisés par la loi.

Cette diminution de l’inventaire entraînera une baisse du nombre de produits dans les présentoirs. Chaque établissement devait initialement en offrir entre 150 et 160. On retrouvera 130 variétés, dont des fleurs de cannabis séchées, des fleurs fraîches, de l’huile, des gélules et des joints préroulés.

Ce n’est pas dramatique, vous direz. Effectivement. Le problème pourrait venir davantage du côté de l’approvisionnement à plus long terme. Il faut dire que cette situation ne sera pas exclusive au Québec, d’autres provinces pourraient également faire face à cette même problématique.


« On fait le maximum pour aider nos fournisseurs, mais la balle est dans leur camp. Il faut qu’ils produisent et qu’ils nous livrent la marchandise »
Alain Brunet, de la Société des alcools du Québec

«Nous avions un peu anticipé le coup. La première démarche que nous avons réalisée lors du dépôt du projet de loi, c’était d’être très proche des producteurs, de visiter plusieurs endroits et de faire des choix en janvier», explique au bout du fil M. Brunet. «Notre objectif était de sécuriser nos approvisionnements pour la première année», poursuit-il.

Rappelons que la SQDC prévoit écouler au moins 58 000 kg de cannabis lors de sa première année d’existence. C’est du moins la quantité commandée jusqu’à présent aux fournisseurs.

«C’est un secteur d’activité complet que nous sommes en train de mettre en place avec la production. Pour les fournisseurs, c’était seulement sur papier. Et là, la réalité c’est qu’ils doivent gérer la chaîne de production et ses nombreuses étapes. C’est une période de rodage. [...] C’est clair qu’ils ne seront pas en mesure de nous livrer 100 % des stocks. Cela va varier entre 60 % et 70 % de ce que nous avions anticipé. Nous n’aurons pas toutes les variétés et les quantités», poursuit-il.

Autres signatures

Il ne serait pas surprenant au cours des prochains mois de voir la SQDC signée avec de nouveaux fournisseurs si la demande dépasse l’offre. La direction se dit d’ailleurs ouverte à cette possibilité.

À titre d’information, dans la grande région de Québec, le Groupe Kaméléon (Charlevoix) et Exflora (Lévis) attendent toujours le feu vert de Santé Canada pour entamer la construction de leur usine de production de cannabis à des fins thérapeutiques ou pour de la consommation récréative.

«On fait le maximum pour aider nos fournisseurs, mais la balle est dans leur camp. Il faut qu’ils produisent et qu’ils nous livrent la marchandise. Il faut que cela soit fluide. C’est la principale difficulté qu’on rencontre actuellement», concède M. Brunet. «Il faut maintenant nous assurer d’avoir la quantité nécessaire pour suffire à la demande. C’est notre focus pour les prochains mois», conclut-il.

*****

Fournisseurs et la quantité commandée par la SQDC

HEXO (Hydropothicaire) (20 000 Kg)

Canopy Growth (12 000 Kg)

Aphria (8 000 Kg)

Aurora Cannabis (et MedReleaf) (13 000 Kg)

High Park (Tilray) (5 000 Kg)