Le gouvernement fédéral attend les deux navires ravitailleurs qui seront construits par le chantier Seaspan à North Vancover en Colombie-Britannique et qui devraient être livrés en 2021, selon les prévisions.

Davie: la CSN veut croiser le fer avec Ottawa

Le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) a obtenu l’assurance qu’une rencontre de travail en compagnie de la direction de Chantier Davie et des ministres du gouvernement de Justin Trudeau se tiendra «rapidement» avant les Fêtes.

«Nous avons demandé la présence des hauts fonctionnaires qui tournent autour de la Stratégie nationale de construction navale à cette rencontre», a déclaré au Soleil, lundi, la présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Ann Gingras.

«Nous sommes convaincus qu’il y a des anti-Davie parmi les mandarins fédéraux. Nous constatons qu’il y a une volonté, une ouverture de la part des élus à Ottawa. Le blocage, on le sait, vient des hauts fonctionnaires. Ce n’est pas la haute fonction publique, faut-il le rappeler, qui a été élue pour gouverner le pays, mais les députés. C’est à ces derniers, également, de jouer leur rôle.»

Une délégation de représentants des travailleurs du chantier naval de Lévis a rencontré, lundi dans la capitale fédérale, les ministres de la Défense nationale et des Transports, Harjit Sajjan et Marc Garneau.

Tout ce beau monde a pu échanger après la période des questions dans le salon des députés.

«Les échanges ont été amicaux, sympathiques, mais corsés par bout», a commenté Mme Gingras.

Des représentants syndicaux réclamaient une rencontre avec des ministres du gouvernement Trudeau pour leur demander de corriger une injustice.

Le chantier doit mettre à pied 800 travailleurs d’ici la fin de l’année faute de nouveau contrat. 

Le syndicat espérait rencontrer les ministres Carla Qualtrough (Services publics et de l’approvisionnement) et Marc Garneau pour obtenir un engagement du gouvernement avant Noël.

C’est finalement le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui les a rencontrés en compagnie de son collègue aux Transports.

C’est encore non à l’Obelix

Le syndicat fait valoir que Davie a été capable de livrer le navire de ravitaillement Asterix dans les délais et en respectant le budget qui avait été fixé.

Le chantier maritime comptait sur la construction de l’Obelix, un deuxième navire de ravitaillement, mais Ottawa a fermé la porte il y a un peu plus d’une semaine.

Avant la rencontre, le ministre des Transports, Marc Garneau, a affirmé à la Presse canadienne que le gouvernement «ne peut pas créer un besoin qui n’existe pas». 

En d’autres mots, le gouvernement ne planifie pas d’acheter un autre navire de ravitaillement provisoire. Il attend les deux navires ravitailleurs qui seront construits par le chantier Seaspan en Colombie-Britannique et qui devraient être livrés en 2021, selon les prévisions.

«Tout le monde sait que cet échéancier ne tient pas la route. Seaspan n’a pas commencé la construction de ces bateaux», affirme la syndicaliste qui trouve «inconcevable» que le Canada doive faire appel à des pétroliers ravitailleurs brésiliens et espagnols pour approvisionner les frégates de la Marine royale canadienne.

«Les ministres nous ont dit qu’ils travaillent sur des choses, qu’il y a des affaires qui s’en viennent pour Davie, mais ils refusent de nous dire quoi au juste et de nous fournir un échéancier», a indiqué Ann Gingras. «Pour nous, le temps est essentiel.»

La CSN réclame également que le gouvernement libéral cesse d’agir comme s’il n’y avait que deux chantiers au Canada, celui de Seaspan et celui d’Irving dans les maritimes, et continue d’ignorer totalement celui de Lévis dans sa politique nationale de construction navale.

«Les ministres nous répètent que c’est une décision de l’ancien gouvernement conservateur. Nous leur disons qu’ils ont le pouvoir de corriger l’injustice commise contre le Québec et désigner Chantier Davie comme le troisième chantier naval au pays, et ce, même si ça chiale en Colombie-Britannique et dans les Maritimes. Nous autres, au Québec, on crie pour sauver Davie. Eux autres, dans le reste du pays, ils crient parce qu’ils veulent la mort de Davie», a conclu la présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches. Avec La Presse canadienne

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MANDAT DE GRÈVE AU CHANTIER IRVING

HALIFAX — Une très vaste majorité des travailleurs du chantier naval d’Irving à Halifax ont confié un mandat de grève à leur exécutif syndical, dimanche.

Le syndicat national Unifor indique dans un communiqué qu’environ 700 des 800 employés syndiqués du chantier ont étudié les dernières concessions de la direction, en assemblée dimanche. Ils se sont finalement prononcés, dans une proportion de 99 %, en faveur d’une grève, qui pourrait être déclenchée à un moment jugé opportun.

La convention collective arrive à échéance à la fin de décembre. Les négociations avaient débuté au début de novembre, et Irving a demandé la présence d’un conciliateur après quatre jours seulement à la table.

Le chantier naval d’Irving à Halifax œuvre actuellement sur un contrat de plusieurs milliards de dollars, obtenu d’Ottawa en 2010, pour la construction de navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique, de la Marine royale canadienne.  La Presse canadienne