Le président et chef de la direction par intérim de SNC-Lavalin, Ian Edwards, désire se concentrer davantage sur les services d’ingénierie, de conception ainsi que sur le secteur nucléaire, qui sont jugés moins risqués.

Dans la tourmente, SNC-Lavalin continue d’être ébranlée en Bourse

MONTRÉAL —SNC-Lavalin a connu une autre journée difficile à la Bourse de Toronto, mardi, au lendemain de l’annonce d’une nouvelle restructuration qui se traduira notamment, cette fois-ci, par l’abandon des contrats à prix fixe.

Sur le parquet de Bay Street, le titre de la firme d’ingénierie et de construction a temporairement touché un creux de près de 14 ans pour finalement clôturer à 21,51 $, en baisse de 9,62 pour cent, ou 2,29 $. Lundi, le recul avait été de 6,7 pour cent.

En plus de retirer ses prévisions pour l’exercice, de prévenir que ses résultats seront « nettement inférieurs » aux prévisions antérieures et de comptabiliser une charge de dépréciation d’environ 1,9 milliard $ liée à son secteur pétrolier et gazier, SNC-Lavalin a annoncé un virage afin de s’éloigner des secteurs de la construction et des ressources.

La multinationale cessera notamment de soumissionner sur des projets clé en main, qui font souvent l’objet de dépassements de coûts et qui ont été qualifiés de « cause première des problèmes de rendement ».

Dans le cadre de ces ententes, on convient généralement d’un montant fixe pour la mise en œuvre d’un projet qui est remis au client lorsqu’il est terminé.

« Même si nous appuyons ces décisions, nous préférons demeurer sur les lignes de côté en attendant des signes d’amélioration sur le plan financier avant de réviser notre opinion », a expliqué mardi l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Le président et chef de la direction par intérim de SNC-Lavalin, Ian Edwards, désire se concentrer davantage sur les services d’ingénierie, de conception ainsi que sur le secteur nucléaire, qui sont jugés moins risqués.

Néanmoins, le carnet de commandes de la firme compte pour 3,2 milliards $ de contrats à prix fixe, dont celui du Réseau express métropolitain de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Environ 80 pour cent d’entre eux devraient être livrés d’ici 2021.

« Il pourrait y avoir des pertes supplémentaires liées à ces projets pendant que SNC-Lavalin vide son carnet de commandes, ce qui constitue un risque », a observé l’analyste Derek Spronck, de RBC Marchés des capitaux, dans un rapport envoyé à ses clients.

Désormais, la multinationale regroupera ses activités sous-performantes en une entité et celles qui offrent un potentiel de croissance dans une autre unité. Elle évaluera également la possibilité de se départir complètement de ses activités dans le secteur des hydrocarbures.

SNC-Lavalin devrait dévoiler, le 1er août, une perte d’exploitation ajustée liée aux activités d’ingénierie et de construction oscillant entre 150 millions $ à 175 millions $ pour le deuxième trimestre.

Cette situation a incité la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), le plus important actionnaire de la firme avec une participation d’environ 20 pour cent, à sortir de sa réserve habituelle pour exiger des « actions décisives ».

Qualifiant la tendance actuelle d’« inacceptable », le gestionnaire de régimes de retraite, qui a épaulé la compagnie dans sa croissance au cours des dernières années tout en se portant à la défense de cette dernière en dépit des accusations criminelles qui pèsent sur elle depuis 2015, a indiqué qu’il comptait suivre la situation de près au cours des « prochaines semaines ».