Alex Van Dieren, directeur d'Orkestra, Dominic Faucher, concepteur, et Colin Laramée-Plouffe, président-fondateur

Créer, bâtir, s'amuser

C'est un peu comme l'histoire des trois petits cochons. Il y en a un qui invente, un qui compte et un qui gère. Ensemble, ils ont bâti la plus grosse boîte de communication de la région. Et il faudrait plus qu'un gros vent pour la faire tomber tellement ses assises sont solides. De toute façon, c'est elle qui fait la pluie et le beau temps en Outaouais dans le domaine de la publicité. Orkestra, c'est son nom.
«Le fun commence», peut-on lire en entrant dans la maison des trois petits cochons sur le boulevard St-Joseph à Gatineau, mais ne vous méprenez pas : ils sont tout ce qu'il y a de plus sérieux, les propriétaires d'Orkestra.
Le Festibière, le Festival de l'humour de Gatineau, c'est eux. Parmi leurs clients, le Rockfest de Montebello, le Musée canadien de la nature, le Mont-Cascades, Red Bull, Oakley. Des campagnes publicitaires léchées, originales.
«Nous sommes uniques au Québec affirme Alex Van Dieren, le directeur d'Orkestra. Nous sommes la seule compagnie qui a réussi à intégrer tout le processus, de l'idée, au marketing, au financement jusqu'à la production. Nous faisons même la gestion des finances, nous voyons à tout, jusqu'aux ampoules!»
Orkestra
«Notre force, c'est que nous travaillons dans trois secteurs à la fois: la vidéo, la publicité et l'organisation d'événements, précise Colin Laramée-Plouffe, le président fondateur d'Orkestra.
«Et nous faisons les choses différemment, pour avoir des résultats différents. Nous aimons provoquer», souligne le concepteur, Dominic Faucher. «Et ce n'est pas facile aujourd'hui de se démarquer, les gens sont de plus en plus difficiles à impressionner», ajoute le président d'Orkestra. Plutôt que de simplement vendre, la compagnie veut surprendre. L'approche semble efficace puisque l'entreprise a augmenté de 50 % son chiffre d'affaires par rapport à l'an dernier pour atteindre les trois millions de dollars. Cette poussée fulgurante a forcé le triumvirat à revoir son modèle d'affaires.
Les trois hommes s'étaient enfermés pendant trois jours, il y a de cela deux ans, avec un psychologue industriel, un stratège et un administrateur pour bâtir l'avenir. Le processus est déjà à recommencer, rigole le trio.
Colin Laramée-Plouffe, président-fondateur d'Orkestra
«Là, ça va vite, lance Dominic Faucher. Nous avons fait des plans pour 2020 mais notre courbe de croissance nous force à revoir nos plans. Nous nous entendons à une autre augmentation de 30 % de nos ventes cette année.»
Tout repose sur l'équipe
Orkestra compte 22 employés et les actionnaires en parlent avec un immense respect. En fait, pratiquement tous les employés embauchés depuis la création de la boite en 2008 sont toujours en poste. L'atmosphère de travail y est pour quelque chose et ça commence à se savoir : trois des employés sont partis de Québec pour joindre spécifiquement les rangs d'Orkestra à Gatineau. «Nous sommes un incubateur de talents, dit fièrement Alex Van Dieren. Il y a une intelligence créative particulière ici.»
Cette très jeune équipe a réussi à concevoir des publicités et des événements qui se démarquent. Et les clients en redemandent. Les trois petits cochons sont cependant conscients que la tarte publicitaire en Outaouais commence à se faire petite pour leur appétit. Ils veulent maintenant aller se faire voir ailleurs!
Agrandir la maison ?
Orkestra a obtenu quelques contrats à Québec, à Rouyn-Noranda et à Brossard et s'est aventurée en Ontario (Ottawa et Toronto). La compagnie s'est aussi faite la main avec des projets vidéo en Thaïlande et au Costa Rica, si bien que l'entreprise commence à voir loin. 
À quoi rêvez-vous maintenant?  «Je veux exporter la compagnie», s'exclame Dominic Faucher. «Moi j'aimerais obtenir une reconnaissance à l'international de notre créativité, ajoute Colin Laramée-Plouffe, et continuer d'attirer ici le plus de talents possible ! »
Plutôt que de surfer sur les acquis, les trois larrons vont donc prendre un nouveau virage. Lors de l'entrevue, les actionnaires s'apprêtaient à en informer les employés: cap sur la croissance et l'embauche!
Celui qui mène les troupes d'Orkestra depuis bientôt dix ans est confiant. «Ma capacité à m'adapter m'a bien servi jusqu'à maintenant, note Colin Laramée-Plouffe. Nous rejoignons 500 000 personnes par année avec nos produits, j'ai confiance», précise-t-il. Le siège social de l'entreprise sur St-Joseph risque de devenir trop étroit et les trois petits cochons devront songer à agrandir la maison.
Et le méchant loup dans l'histoire? Ne le cherchez pas. Ici, ce sont les trois petits cochons qui s'apprêtent à souffler sur les maisons de leurs concurrents!