La Régie du logement du Québec est tout simplement «irresponsable» en maintenant les audiences d’expulsion de locataires dans le contexte de la pandémie de la COVID-19, a dénoncé dimanche un regroupement de locataires.

COVID-19 ou pas, la Régie du logement continue d’expulser, dénoncent des locataires

MONTRÉAL - La Régie du logement du Québec est tout simplement «irresponsable» en maintenant les audiences d’expulsion de locataires dans le contexte de la pandémie de la COVID-19, a dénoncé dimanche un regroupement de locataires.

Cette décision annoncée la veille est «un non-sens» avec les messages des gouvernements, selon le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

L’organisme se demande notamment ce qui se passera si des locataires qui doivent se mettre en quarantaine se retrouvent sans logements.

Le regroupement appelle la ministre responsable de l’Habitation Andrée Laforest à «prendre des mesures d’urgence» pour suspendre toutes audiences d’évictions de locataires à la Régie du logement. De plus, il estime que les jugements récemment prononcés ne doivent pas être exécutés.

La ministre doit «envoyer un message clair que les personnes n’ont pas à s’inquiéter pour le paiement du loyer et qu’elles peuvent respecter les mesures de mise en quarantaine demandées par la sécurité publique», a tranché Marjolaine Deneault, une porte-parole du RCLALQ.

Elle a rappelé que lors d’une conférence de presse vendredi le premier ministre Justin Trudeau avait déclaré que «personne ne devrait avoir à se soucier du paiement du loyer» en raison de la COVID-19.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Deneault a reconnu que la Régie du logement est un tribunal indépendant, mais elle a dit estimer que la «situation exceptionnelle» commande que la ministre «rappelle à l’ordre» la Régie du logement.

Selon Mme Deneault, la décision de la Régie prouve, une fois de plus, et de façon flagrante, le «parti pris» de la Régie du logement envers les propriétaires. «Elle juge que le portefeuille des propriétaires est beaucoup plus important que la santé et la sécurité des locataires», a insisté la porte-parole du regroupement.

Programme d’aide gouvernemental

Bien qu’ils se disent en désaccord avec un moratoire sur les audiences d’évictions et sur l’exécution des jugements, les propriétaires immobiliers proposent plutôt que le gouvernement mette sur pieds un mécanisme d’indemnisation temporaire.

«Ça n’aurait aucun sens que des locataires perdent leur logement» pour non-paiement de loyer à la suite d’une perte d’emploi ou d’un manque de revenus en raison d’une situation liée à la pandémie, a d’abord reconnu Hans Brouillette, un porte-parole de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

En conséquence, «il faut absolument qu’il y ait de l’aide», a-t-il tranché. Et il doit s’agir d’une aide gouvernementale parce qu’»il n’y a pas de raisons pour que ce soit le propriétaire qui finance ça».

M. Brouillette a suggéré qu’un mécanisme soit prévu afin de déclencher la transmission de l’information voulant que l’éviction soit liée à des difficultés financières causées par le coronavirus de telle sorte qu’un programme d’aide soit mis en place permettant au locataire d’assumer les loyers avant son expulsion.

La Régie du logement n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue au moment de publier tandis que le cabinet de la ministre a dit à La Presse canadienne d’en référer au premier ministre François Legault à l’occasion de sa conférence de presse quotidienne.