La Sépaq, qui possède des milliers d’emplacements de camping, des chalets, des gîtes et qui gère des parcs nationaux et des activités de plein air, dont le kayak, le vélo et la pêche, promet de partager son plan d’opération en contexte de pandémie au secteur privé. Un partage de connaissances qui permettra d’assurer la sécurité des touristes et des employés, estime la société d’État.
La Sépaq, qui possède des milliers d’emplacements de camping, des chalets, des gîtes et qui gère des parcs nationaux et des activités de plein air, dont le kayak, le vélo et la pêche, promet de partager son plan d’opération en contexte de pandémie au secteur privé. Un partage de connaissances qui permettra d’assurer la sécurité des touristes et des employés, estime la société d’État.

COVID-19: la Sépaq se prépare

Avec ses quelque 7000 terrains de camping et ses centaines de chalets et gîtes, la Sépaq planche sur un plan d’opération en contexte de pandémie.

La Société d’État, qui reçoit annuellement près de 19 millions $ en subvention gouvernementale pour ses opérations, compte ouvrir progressivement ses services cet été, si les mesures de confinement le permettent.

« Nous travaillons sur plusieurs scénarios, advenant le cas où le gouvernement autorise l’ouverture de nos sites. Et ce travail se fait sur l’ensemble de nos services, que ce soit les parcs, les activités de plein air et l’hébergement. On prend un à un chaque service pour voir comment l’offrir tout en respectant les mesures de distanciation. Mais il sera impossible de recommencer d’un coup. Nous devrons rouvrir progressivement », précise Simon Boivin, responsable des communications à la Sépaq.

En effet, le confinement a retardé le recrutement de personnel et l’entretien des différents sites, ce qui obligera l’organisation à faire du rattrapage lorsque Québec permettra l’ouverture de ces lieux.

La Sépaq a d’ailleurs déjà déposé un document au gouvernement pour les informer du délai nécessaire dont ils ont besoin pour rouvrir, demandant ainsi d’être avisé le plus tôt possible de la date visée par Québec. La Société d’État a refusé de dévoiler publiquement ce délai.

Le chantier de construction du nouveau site de camping du Camp de Touage, au Parc national de la Pointe Taillon, a été abruptement arrêté en raison de la COVID-19. L’ouverture, qui devait avoir lieu cet été, sera vraisemblablement retardée.

La Sépaq partagera son expertise

C’est d’ailleurs cette relation privilégiée avec l’État et l’accès à plusieurs ressources qui fait craindre à certains acteurs touristiques une ouverture plus rapide dans les sites de la Sépaq. Les petites entreprises privées d’aventure ou de camping ne disposent pas des mêmes moyens pour opérer en contexte de pandémie.

« On n’a pas les moyens de se payer une équipe d’experts pour trouver et surtout mettre en place des mesures sanitaires, contrairement à la Sépaq. J’espère que comme Société d’État, elle ne sera pas privilégiée au détriment des entreprises privées comme la nôtre », s’inquiète une propriétaire d’entreprise de plein air, qui a contacté Le Progrès.

« Ça serait la moindre des choses de partager leur plan avec le reste de l’industrie », commente un autre propriétaire de site nature, contacté par Le Progrès.

Questionnée à ce sujet, la direction de la Sépaq confirme que le plan et les stratégies développés par les ressources de la Sépaq seront communiqués à l’ensemble de l’industrie touristique. Il n’y a donc pas lieu de ramener le débat entourant la concurrence entre le secteur public et privé, estime Simon Boivin.

« Tout ce qui est normes ou mesures que l’on va établir, on pourra le partager, et ce, peu importe le produit (camping, plein air, hébergement). Parce que la reprise économique, elle va avoir besoin de tout le monde. L’idée n’est pas de faire en sorte de laisser quelqu’un à l’écart. Si tout le monde a les mêmes normes et mesures, ça va favoriser la relance de notre industrie et surtout assurer la sécurité des touristes », plaide M. Boivin.

Projets compromis

Au cours des deux dernières années, Québec a annoncé l’investissement de plusieurs de millions $ dans divers projets qui sont maintenant sur la glace en raison du confinement. Les chantiers ont dû fermer subitement, retardant ainsi la livraison des projets et leur ouverture.

La construction d’un nouveau camping dans le secteur du camp de Touage du parc national de la Pointe-Taillon, la restauration du secteur patrimonial dans le parc national d’Opémican, l’aménagement de huit haltes découvertes au parc national des Îles-de-Boucherville, le chantier de l’enclos des ours blancs de l’Aquarium de Québec, les aménagements au parc de la chute Montmorency et l’agrandissement du camping du secteur Franceville au parc national de Mont-Mégantic sont tous des projets qui sont ralentis par l’arrêt des chantiers. « Il est impossible de s’engager sur une date de livraison ou sur les enveloppes budgétaires sans connaître les paramètres du déconfinement pour l’industrie de la construction et l’impact que cela aura sur les entrepreneurs », précise le porte-parole de la Sépaq.