Même si elle a rejeté l’offre d’achat bonifiée d’environ 7,8 milliards $ CAN d’Alimentation Couche-Tard, Caltex estime néanmoins que l’exploitant de dépanneurs et de stations-service est un prétendant «sérieux» et «crédible».

Couche-Tard, un prétendant «sérieux» et «crédible», dit l’australienne Caltex

MONTRÉAL - Même si elle a rejeté l’offre d’achat bonifiée d’environ 7,8 milliards $ CAN d’Alimentation Couche-Tard, Caltex estime néanmoins que l’exploitant de dépanneurs et de stations-service est un prétendant «sérieux» et «crédible».

C’est pour cette raison que la société australienne a décidé d’offrir la possibilité à la multinationale québécoise d’avoir accès à des renseignements qui ne sont pas publics, espérant ainsi l’aider à préparer une nouvelle offre.

«Nous avons reçu des commentaires d’actionnaires et estimé qu’il était important d’adopter une approche constructive», a expliqué le chef de la direction financière de Caltex, Matthew Halliday, jeudi, au cours d’une conférence destinée aux investisseurs et analystes.

Toutefois, la société n’a pas eu de réponse de la part de Couche-Tard depuis l’annonce du rejet de l’offre, mardi. Si la transaction devait se concrétiser, elle deviendrait la plus importante acquisition du géant québécois.

Mardi, Couche-Tard avait indiqué par courriel n’avoir «rien à ajouter sur le sujet pour le moment». En milieu de journée, jeudi, l’entreprise n’avait pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne.

Le géant québécois, qui souhaite doubler sa taille d’ici cinq ans, avait déposé une première offre de 32 $ AUS pour chaque action de Caltex en octobre dernier, mais elle a été rejetée, son prix ayant été jugé inadéquat.

Celui-ci était revenu à la charge en proposant 34,50 $ AUS pour chaque action de Caltex, qui exploite un réseau de quelque 2000 stations-service, en plus d’être propriétaire d’une raffinerie et d’actifs de distribution et de transport de carburant.

La direction de Caltex a brièvement commenté l’offensive de Couche-Tard, tout en signalant que ses bénéfices devraient fléchir cette année, en plus d’annoncer la vente de 25 sites qui vendent du carburant.

Celle-ci a également dû défendre sa décision de permettre à la société lavalloise d’avoir accès à des informations privilégiées - en échange d’une entente de confidentialité - alors qu’il n’y a pas d’offre ferme sur la table.

«Ce n’est pas pour effectuer une vérification au préalable, a expliqué M. Halliday. C’est plutôt pour offrir un moyen de revenir avec une proposition qui pourrait générer davantage de valeur pour nos actionnaires.»

Au prix de 34,50 $ AUS pour chaque action, la proposition de Couche-Tard représente une prime d’environ 16 pour cent par rapport au cours de clôture du titre de Caltex le 25 novembre, avant l’annonce de la réception d’une offre d’achat.

Dans ses remarques aux investisseurs et analystes, le chef de la direction financière de Caltex ne s’est pas gêné pour suggérer que l’entreprise québécoise avait profité du déclin du cours de l’action pour se manifester.

«Le prix révisé est inférieur à la valeur de nos actions il y a moins de deux ans et bien en deçà du sommet (de 37,88 $ AUS) atteint en (mars) 2015, a souligné M. Halliday. Je pense qu’il est juste de dire que cela peut être considéré comme opportuniste.»

Des analystes ont déjà estimé que Couche-Tard allait probablement offrir davantage si elle désire pouvoir mettre la main sur Caltex et effectuer une percée en Australie, pour s’établir dans la région de l’Asie-Pacifique.

Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, ne s’est pas montrée surprise du rejet annoncé par Caltex mardi.

«Nous nous attendons à ce que l’affaire se poursuive, comme cela est souvent le cas dans ces situations», a écrit l’analyste dans une note envoyée par courriel à ses clients cette semaine.

Caltex compte près de 6630 employés. À la Bourse de Sydney, jeudi, son titre cotait à 34,38 $ AUS, soit légèrement en deçà du prix de 34,50 $ AUS proposé par Couche-Tard dans sa proposition bonifiée.

La compagnie québécoise exploite un réseau d’environ 16 000 magasins et stations-service au Canada, aux États-Unis et en Europe.